RCA

Centrafrique: une feuille de route pour le dialogue national

A Bambari, en République centrafricaine, le vendredi 13 juin 2014.
A Bambari, en République centrafricaine, le vendredi 13 juin 2014. REUTERS/Goran Tomasevic

Un panel de trente personnalités centrafricaines, réuni cette semaine pour établir les priorités à fixer au dialogue national envisagé par le gouvernement, a livré ses préconisations. Sécurité, restauration de l’Etat de droit, indépendance de la presse et de la justice figurent en tête de cette feuille de route.

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Depuis mardi, et pendant trois jours, une trentaine de personnalités issues des milieux politiques et économiques, des institutions, des clergés et de la société civile étaient réunies à Bangui pour discuter des priorités à fixer lors d'un grand dialogue national que le gouvernement envisage de lancer. Mardi, lors de l’ouverture des discussions, la présidente centrafricaine, Catherine Samba-Panza, en avait fixé le cadre, en lançant un nouvel appel à la paix. « Depuis le 20 janvier, la priorité sécuritaire et l’urgence humanitaire ont semblé occulter les autres préoccupations que sont la réconciliation nationale et le dialogue politique. Il n’en est rien. Il s’agit d’un engagement permanent », avait-elle alors insisté.

Indispensable cessez-le-feu

Ce vendredi, le panel de trente personnalités a rendu ses préconisations. Et ce qu’il ressort de ces trois jours de table ronde, c’est un consensus sur l’urgence d’instaurer un cessez-le-feu comme préalable à tout dialogue. Ensuite, il s'agira de restaurer l’autorité de l’Etat. Pour se faire, la table ronde préconise la création d’un service civique national et une lutte efficace contre les discriminations. Cet Etat devra aussi être laïque, la fonction publique devra être bien gérée, bien dotée et couvrir l’ensemble du territoire centrafricain.

Reconstituer une armée

Autre grand point abordé : la sécurité. Selon les personnalités réunies cette semaine, « il faut reconstituer l’armée en s’appuyant sur les états généraux de Défense et de Sécurité de 1996 et sur le dialogue politique inclusif de 2008 ». Enfin, pour restaurer le « vivre ensemble », il faudra mettre en place une commission vérité - réconciliation, ainsi que des médias indépendants et efficaces (lire, à ce sujet, le rapport de l'ONG International Media Support Les médias dans une situation d’urgence complexe publié en février 2014). La justice devra être indépendante et collaborer activement avec les juridictions internationales. Une ébauche de feuille de route qui servira de base de travail au dialogue national qui devra, selon le panel, se tenir parallèlement au processus électoral et à la transition.

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