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Kenya

Kenya: la population sous le choc après l’attaque de Mpeketoni

Des bâtiments incendiés après une violente attaque dans la ville de Mpeketoni à l’est du Kenya, le 16 juin 2014.
Des bâtiments incendiés après une violente attaque dans la ville de Mpeketoni à l’est du Kenya, le 16 juin 2014. EUTERS/Joseph Okanga
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au Kenya, la ville côtière de Mpeketoni a été attaquée par des hommes armés, dimanche 15 juin. Selon un dernier bilan, plus de quarante personnes ont été tuées dans cette ville située près de la Somalie, et de la station balnéaire kényane de Lamu dans l’est du pays.

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Des habitants sous le choc, qui tremblent et pleurent leurs morts, ce sont les images qui circulent sur les télévisions locales ce lundi 16 juin au matin. Une députée du comté de Lamu contactée par téléphone et qui se trouve sur place décrit des bâtiments et véhicules brûlés, une morgue submergée par le nombre de cadavres.

« Près de 48 personnes ont été tuées, témoigne Shakila Abdallah, députée du comté de  Lamu. La plupart ont été massacrés, certains abattus. D'autres personnes ont été blessées et certains de ces blessés par balle notamment ont été emmenés à l'hôpital de la ville de Lamu. Des maisons ont été brûlées, une banque a été réduite en cendres, ainsi que deux hôtels. Nous sommes très choqués. Et quand je suis allée à la morgue voir les corps, j'ai craqué et je me suis effondrée. Nous vivons dans ce comté de Lamu de façon très pacifique depuis cinquante ans. Il y a de nombreuses communautés, nous coexistons et la tolérance est une habitude et tout d'un coup, cette chose se produit. Nous appelons le gouvernement à renforcer les mesures de sécurité, parce qu'ici désormais tout le monde a peur. »

La Croix-Rouge kényane apporte un soutien psychologique aux survivants. L'organisation a également mis en place un centre d'appel pour les familles dont les membres ont disparu.

Attaque imputée aux shebabs

Le commando semblait bien organisé, composé de plusieurs dizaines d'hommes munis d'armes à feu et d'explosifs, qui n'ont pas eu de mal à neutraliser les policiers sous-équipés et en nombre insuffisant. Ceux-ci ont attendu des heures avant de recevoir des renforts des environs. Des voix s'élèvent pour fustiger l'inaction des forces de sécurité.

De plus en plus de témoins affirment que les assaillants ont séparé les femmes et les hommes et tué ces derniers d'une balle dans la tête. Cette attaque sans précédent, qui a duré plus de quatre heures, a été attribuée par certains officiels kényans aux militants radicaux shebabs. Mais il n'y a pas pour le moment de confirmation. Aucun suspect n'a été arrêté, l'armée et les paramilitaires ont été déployés sur place.

Augmenter le niveau de sécurité

L'opposition et des organisations de la société civile ont condamné cette attaque et demandé au gouvernement d'augmenter le niveau de sécurité dans le pays.

Ils ont fait le tour du centre-ville, là où il y a les magasins, les bars, les banques, ils tiraient sur les gens et ceux qui étaient à l'intérieur, ils les sortaient et les exécutaient. Ils ont tué les hommes, pas les femmes. Seulement les hommes. Je crois qu'une seule femme a été tuée et une autre a été blessée en s'enfuyant, elle s'était réfugiée dans un fossé. Une dame vient de me raconter qu'ils se réclamaient des shebabs. Et d'ailleurs, il y avait un blanc parmi eux, un Anglais, ou en tous cas un Européen. Les autres avaient l'air d'être des Somalis. Et en fait, ils ne se cachaient pas, ils se réclamaient des shebabs. Ils ont même laissé un message, ils ont parlé à quelqu'un et lui ont dit « On ne te tue pas, mais tu dois transmettre ce message. Nous sommes les shebabs et nous reviendrons, ce n'est que le début ».

Shakila Abdallah

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