KENYA

Kenya: double attaque meurtrière sur la côte

Des proches des victimes de l'attaque pleurent leurs morts, dans le village de Hindi, ce 6 juillet 2014.
Des proches des victimes de l'attaque pleurent leurs morts, dans le village de Hindi, ce 6 juillet 2014. REUTERS/Athman Sheikhuna
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au Kenya, une double attaque s’est produite samedi soir 5 juillet sur la zone côtière, dans les cantons de Lamu et de la rivière Tana. Elle a été revendiquée par le mouvement shebab. Le bilan, qui est pour le moment de 21 morts, n’a cessé d'augmenter dans la matinée ce dimanche.

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Le bilan continue d'augmenter car les opérations de secours sont toujours en cours. Certains cadavres ont été retrouvés les mains attachées dans le dos. A Gamba, dans le canton de la rivière Tana, c'est le commissariat de police qui a été visé. Au moins un prisonnier soupçonné d'avoir pris part à l'attaque de Mpeketoni a été libéré, selon la police kényane qui parle d'attaques simultanées.

A Hindi, dans le canton de Lamu, le centre commercial a été ciblé, des maisons ont également été brûlées. Hindi est situé à moins de dix kilomètres de l'aéroport de Mokowe, qui accueille les touristes se rendant sur l'île de Lamu.

Les sites touristiques menacés

La menace se rapproche dangereusement de l'archipel, autrefois véritable joyau touristique, et qui est en train de perdre son potentiel de visiteurs.

Le mouvement shebab a revendiqué les deux attaques. Or, Gamba et Hindi sont des localités distantes de plus d'une centaine de kilomètres, ce qui montre la capacité de ses éléments à frapper à plusieurs endroits, et à se déplacer sans être détectés. En outre, cela illustre à nouveau l'incapacité des forces de sécurité à protéger la population de cette zone. Il y a trois semaines, plus de 60 personnes avaient été tuées à Mpeketoni. Un jour plus tard, un village environnant était à nouveau ciblé, malgré les promesses du gouvernement de déployer plus de forces.

Une touriste a également été tuée par des hommes armés à Mombasa, la grande ville du littoral. Dans ce cas-ci, les autorités assuren qu'il ne s'agit pas de terrorisme mais d'un meurtre relevant de la « délinquance ordinaire ».

Les autorités démentent l'implication des shebabs

Malgré la revendication des shebabs, la police accuse le Conseil républicain de Mombasa (MRC). Ce mouvement séparatiste présent sur la côte a été interdit par le gouvernement en 2010. Mais deux ans plus tard, une décision de justice déclarait cette interdiction illégale. Une campagne de répression de la police a malgré tout eu lieu, poussant la plupart de ses dirigeants à rejoindre la clandestinité.

A l'époque, les analystes affirmaient qu'il n'existait pas de lien avéré entre le MRC et les shebabs. Les premiers sont loin d'avoir la capacité opérationnelle du mouvement jihadiste somalien. La semaine dernière, la police a effectué plusieurs arrestations de leurs membres et a saisi des arcs et des flèches, ainsi que des armes à feu artisanales, bien loin de l'armement sophistiqué des commandos qui ont agi dans le canton de Lamu et de la rivière Tana.

Après l'attaque de Mpeketoni, le président Uhuru Kenyatta avait déjà nié l'implication des shebabs, accusant les réseaux politiques locaux. Le gouverneur de Lamu, pourfendeur de la corruption et de l'accaparement des terres dans la zone, avait atterri en prison, situation suscitant l'indignation.

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