Kenya

En meeting, l'opposition kényane pose ses revendications sur la table

Parc Uhuru, Nairobi, le 7 juillet 2014.
Parc Uhuru, Nairobi, le 7 juillet 2014. REUTERS/Noor Khamis
Texte par : RFI Suivre
9 mn

Un rassemblement de l'opposition avait lieu ce lundi 7 juillet 2014 dans la capitale, Nairobi. L'ancien Premier ministre Raila Odinga et ses partisans ont listé leurs revendications devant une foule modeste. Toute la journée, le dispositif sécuritaire a été important.

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A la tombée de la nuit, des échauffourées ont éclaté dans certains bidonvilles de Nairobi. Des affrontements localisés ont été rapportés à Kisumu, ville de l'ouest du pays (et bastion de Raila Odinga). A Nairobi, depuis le matin, si des milliers de militants ont convergé vers le parc Uhuru, il s'agissait surtout de jeunes hommes venus des périphéries. Autour de l'estrade, il y avait foule, mais encore autour, les rangs étaient beaucoup plus clairsemés. Ce lundi n'était pas un jour férié ; les gens ont vaqué à leurs occupations mais la circulation a été beaucoup moins dense que d'habitude.

La crainte des violences a également poussé les commerçants à ne pas ouvrir leurs magasins dans le centre-ville. L'événement n'a pas été retransmis en direct sur les télévisions kényanes, tant privées que publiques, réduisant notablement l'impact auprès de la population. Le leitmotiv de l'opposition ce lundi a été « Okoa Kenya », « Sauver le Kenya ». « Nous allons boire le thé au palais présidentiel. Nous n'avons de thé à la maison. Nous leur avons dit que nous voulions dialoguer sur les problèmes importants qui touchent la nation. » Ce sont les mots de Raila Odinga, qui s'est exprimé en fin d'après-midi.

Raila Odinga, ancien Premier ministre kényan, leader de l'opposition, le 7 juillet 2014 à Nairobi.
Raila Odinga, ancien Premier ministre kényan, leader de l'opposition, le 7 juillet 2014 à Nairobi. REUTERS/Noor Khamis

L'ancien Premier ministre a fustigé le refus, de la part du gouvernement, d'instaurer un dialogue national avec l'opposition. Ses représentants se sont ensuite succédé à la tribune, pour annoncer une série de résolutions quelque peu fourre-tout, allant de l'économie à la sécurité. Il est question de changer le système de taxation pour diminuer le coût de la vie, de la fin du tribalisme et de la corruption, de la dissolution la commission électorale, ou encore du départ des troupes kényanes de Somalie. Les membres de l'opposition réclament également un référendum au sujet des problèmes qui touchent le pays.

« Nous voulons que l'administration du Jubilée (coalition au pouvoir, NDLR) s'attaque au coût de la vie en modifiant le régime de taxation », s'exclamait un membre de l'opposition. « Nous demandons la fin de la corruption, nous demandons que l'administration du Jubilée retire immédiatement nos troupes de Somalie, pour qu'elles protègent l'intérieur du territoire », renchérissait l'une de ses camarades.

On sait que depuis 2009, les shebabs ont recruté beaucoup d’Africains de l’Est au-delà des Ethiopiens -qui font partie de la mouvance du groupe jihadiste depuis assez longtemps. Et l’on estime que depuis la fin 2011, mais très certainement massivement depuis juin 2013, les shebabs ont renvoyé les Africains de l’Est qu’ils avaient formés et qui étaient intégrés à leurs troupes, vers les pays d’Afrique de l’Est, d’abord le Kenya, l’Ouganda, mais on parle aussi de plus en plus de Zanzibar, pour y organiser un mouvement armé

Rolan Marshal, chargé de recherche au CNRS, professeur à Sciences Po

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