République centrafricaine

RCA: la tension ne retombe pas à Bambari fuie par les réfugiés

Les réfugiés chrétiens ont fui l’évêché de Bambari après l’attaque de jeunes musulmans, le 7 juillet 2014.
Les réfugiés chrétiens ont fui l’évêché de Bambari après l’attaque de jeunes musulmans, le 7 juillet 2014. RFI
Texte par : RFI Suivre
5 mn

«Il n'y a pas d'avenir pour la Centrafrique s'il n'y a pas de cessez-le-feu» entre les différents groupes armés, a déclaré ce mardi matin Jean-Yves Le Drian à la radio nationale centrafricaine. Le ministre français de la Défense effectue une visite de deux jours sur place dans un contexte particulièrement tendu, notamment à Bambari où il était attendu dans la journée.

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Article réactualisé au fil des événements,

Dans cet entretien diffusé, ce mardi, matin par la radio nationale, Jean-Yves Le Drian a estimé qu'a Bangui : « La présence de Sangaris, de la Misca et de l'Eufor, la force européenne, avait permis à la sécurité de devenir presque bien ». Mais il a reconnu qu'en province, « dans l'Est, la situation restait tendue ».

Le ministre français devait d'ailleurs se rendre à Bambari, dans le centre du pays, ce mercredi, pour se rendre au chevet de plusieurs soldats français blessés dans des accrochages, la semaine dernière. Mais selon les informations de RFI, ce déplacement a été annulé. La situation sécuritaire, couplée à une mauvaise météo, selon une source militaire, ont rendu ce voyage impossible.

Bambari a en effet été une nouvelle fois le théâtre de violences lundi. Le site de déplacés de l'évêché a été attaqué par de jeunes civils musulmans en représailles à l'assassinat de deux des leurs, la veille, par des anti-balaka. L'attaque a duré longtemps et a provoqué la panique des quelques 12 000 déplacés présents sur le site, selon les estimations. Des déplacés qui étaient tous partis ce matin pour se réfugier au plus près des camps militaires de la Misca et de Sangaris. Des endroits qu'ils estiment plus sûrs.

22 morts

La Seleka assure de son côté être intervenue avec la Misca et Sangaris pour arrêter cette attaque puis sécuriser l'évêché, manifestement trop tard. Des violences qui sont, apparemment, cette fois sont le fait de jeunes incontrôlés, mais armés. Et sur qui la Seleka, dont l'Etat major militaire siège à Bambari, semble ne pas avoir d'emprise ou d'autorités.

Du coté des anti-balaka, on dit ne pas comprendre cette attaque alors que des responsables de la Seleka et des anti-balaka sont sur le point de signer un cessez-le-feu. Pour le numéro 2 de la mouvance anti-balaka, Sebastien Wenezoui, cette tuerie a été commise par des éléments de la Seleka.

Ce sont des éléments de la Seleka qui ont tiré sur l'église...

Sebastien Wenezoui

Ce mardi matin, les travailleurs humanitaires ont pu commencer à évacuer la vingtaine de blessés vers l'hôpital. En fin de matinée, ils ramassaient les corps. Il y aurait au moins 22 morts, selon un bilan provisoire.

L'un de ces humanitaires sur place décrit à RFI une ambiance « glauque » ces derniers jours, « une tension extrême ou la moindre étincelle peut mettre le feu ». Un cycle de violences et de représailles que rien ne semble arrêter depuis un mois à Bambari.

Avancée des discussions

Ce qu'il faut noter c'est que ces discussions se poursuivent entre la Seleka et les anti-balaka, malgré les violences récurrentes à Bambari et ailleurs. La Seleka promettait encore ce matin de tout faire pour poursuivre le processus.

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