BURUNDI

Burundi: un militant anticorruption interdit de manifester

C’est devant le palais de justice de Bujumbura (Burundi), devant lequel manifestaient en 2011 des magistrats comme sur la photo, que voulait se rendre le militant anticorruption Gabriel Rufyiri.
C’est devant le palais de justice de Bujumbura (Burundi), devant lequel manifestaient en 2011 des magistrats comme sur la photo, que voulait se rendre le militant anticorruption Gabriel Rufyiri. Photo AFP/Esdras Ndikumana
Texte par : RFI Suivre
2 mn

L’une des principales figures de la société civile du Burundi, Gabriel Rufyiri à la tête de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome) avait annoncé, mardi, son intention de manifester seul. Une mobilisation dans le cadre d’une campagne intitulée « d'où as-tu tiré tes richesses », dans ce pays où toute manifestation ou réunion publique de l’opposition ou de la société civile est systématiquement interdite.

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Gabriel Rufyiri s’était bien préparé. Il portait une casquette, des habits et un drapeau sur lesquels on voit un homme très maigre et presque nu, le petit peuple, nourrir à la cuillère un gros monsieur bien mis, « ceux qui nous gouvernent », explique-t-il. Le pouvoir burundais interdit systématiquement toute manifestation populaire, il voulait donc marcher seul jusqu’au Palais de justice de Bujumbura où il allait faire un sit-in de deux jours, tout en observant une grève de la faim.

Et Gabriel Rufyiri était particulièrement motivé : « Les corrompus de la République sont devenus plus forts que l’Etat. C’est clair, c’est eux qui coordonnent tout. C’est pour cette raison que nous réclamons et nous exigeons de nos dirigeants qu’ils puissent nous dire où ils ont tiré leurs richesses, et c’est notre droit ! ».

Arrêté par la police

Mais impossible pour lui de sortir de sa propriété mercredi matin. Des dizaines de policiers burundais, la kalachnikov à la main, avaient ceinturés sa maison dès l’aube. « Au lieu de nous traquer, il faut plutôt considérer comme les ennemis de la République, ces individus qui sont en train de cueillir des fruits qui ne leur appartiennent pas », déclarait alors le militant.

Puis le plus célèbre activiste anticorruption du Burundi a été conduit manu militari chez le procureur de Bujumbura pour un premier interrogatoire, avant d’être reconvoqué dans l’après-midi. L'activiste dénonce le harcèlement judiciaire dont il fait l’objet. Il est à nouveau convoqué au parquet de Bujumbura ce jeudi matin.

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