RDC

Les soldats congolais devront s'engager à ne pas commettre de viols

Des soldats des FARDC en poste à Minova, 45km à l'ouest de Goma, en 2012.
Des soldats des FARDC en poste à Minova, 45km à l'ouest de Goma, en 2012. REUTERS/Goran Tomasevic

En République démocratique du Congo, c’est une première : le ministère de la Défense a décidé de lancer un plan national de lutte contre les violences sexuelles commises par les soldats congolais. Les viols commis par l’armée et les dizaines de groupes armés présents dans l'est du pays sont un problème récurrent en RDC.

Publicité

Depuis quelques années, l’Etat congolais a commencé à lutter contre l’impunité en jugeant les militaires qui se sont rendus coupables de crimes sexuels, comme lors du procès des viols commis à Minova, ou de celui du « colonel 106 », mais beaucoup d’efforts restent à faire.

Ce nouveau plan consiste en un code de bonne conduite qui sera signé par chaque soldat des Forces armées de la République démocratique du Congo, les FARDC. Une sorte de contrat, dans lequel les forces armées s’engagent à ne pas commettre de viols ou d’exactions sur les civils. L’idée, ensuite, est d’avoir un comité chargé de suivre ces engagements.

En cas de violation du code, le militaire s’expose à des poursuites et des pénalités pour la suite de sa carrière. Depuis 2011, 8000 cas de violences sexuelles commises par des éléments de l'armée ont été présentés devant la justice militaire, selon la ministre congolaise de la Justice, Wivine Mumba Matipa.

Violences divisées par deux

Pour la représentante des Nations unies sur les violences sexuelles, Zainab Hawa Bangura, ce nouvel engagement de l’armée congolaise s’inscrit dans une tendance : celle de la lutte contre la violation des droits de l’homme. « Il y a eu des progrès, assure-t-elle. Depuis 2011, les violences commises par les FARDC ont été divisées par deux. Aujourd’hui, ce sont les milices qui commettent plus de violences sexuelles que les FARDC. Avec ce plan, nous voulons atteindre le taux de zéro viol dans l’armée congolaise ».

Reste le plus difficile : faire appliquer ce code de bonne conduite, mais aussi financer l’ensemble de ce système de contrôle et de suivi. Aucun financement n’a encore été dégagé, ni de date fixée pour le début effectif de ce plan de lutte contre les violences sexuelles. À l’heure actuelle, les groupes armés restent les principaux responsables d’exactions sur le territoire congolais.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail