Comores / France

Yemenia Airways: la justice se penche sur l’indemnisation des victimes

Un Airbus A-310 de Yemenia Airways à l'aéroport Charles-de-Gaulle en 2002.
Un Airbus A-310 de Yemenia Airways à l'aéroport Charles-de-Gaulle en 2002. Photo: Reuters

Cinq ans après le crash d’un vol au large des Comores, drame qui avait fait 152 victimes et où, seule, une adolescente avait survécu après 11 heures passées en mer, c’est le moment des comptes. Le procès civil se tenait ce lundi 8 septembre à Aix-en-Provence, non loin de Marseille. Des demandes de dommages et intérêts ont été examinées lors de cette séquence judiciaire. La note pourrait être salée pour la compagnie aérienne yéménite.

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Avec notre envoyé spécial à Aix-en-Provence, Stéphane Burgatt

Endeuillés, les proches déplorent l’attitude d’une compagnie aérienne qui mettrait toute son énergie à bloquer ce dossier. La tenue de ce procès en est l’exemple, estime l’avocat des familles, Gérard Montigny : « Ce qui est le scandale de cette catastrophe aérienne, c’est, qu’il s'agit de l’un des très rares dossiers que nous sommes contraints de plaider. Les indemnités généralement sont obtenues par négociations ».

Tous ici attendent réparation, mais demandent surtout des comptes, à l’image de Kasim Bakari, le père de Bahia, l’unique rescapée du vol 626. Car, s’il a pu retrouver sa fille, Kassim a perdu sa femme dans le crash : « Quelle que soit la somme qu’ils vont décider, aujourd’hui je me trouve avec les enfants sans leur maman. Mais moi, ce que je demande à la justice, c’est de savoir qui est coupable ».

70 millions d’euros

Malgré une mise en examen de la Yemenia Airways pour homicide involontaire, l’instruction piétine depuis novembre 2013. Le procès pénal pourrait ne jamais avoir lieu. Et pour le président de l’association des familles des victimes, Said Assoumani, lui aussi touché, c’est une double peine : « On est considérés comme les victimes d’un crash des oubliés ou des citoyens de seconde zone. Le deuil, on ne pourra pas le faire. Tant qu’il n’y a pas de justice, il n’y aura pas d’apaisement ».

Près de 70 millions d’euros sont réclamés à la Yemenia Airways. Le tribunal rendra son jugement en février 2015.

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