RDC

RDC: un an de prison ferme pour Jean-Bertrand Ewanga

Jean-Bertrand Ewanga (assis au milieu) avec à ses côtés Koloso Sumayili (G) et Bruno Mavungu (D), membres de l’opposition congolaise, lors d’un meetting contre la révision de la Constitution, à Kinshasa, le 4 août 2014.
Jean-Bertrand Ewanga (assis au milieu) avec à ses côtés Koloso Sumayili (G) et Bruno Mavungu (D), membres de l’opposition congolaise, lors d’un meetting contre la révision de la Constitution, à Kinshasa, le 4 août 2014. AFP PHOTO / KATHY KATAYI KAYEMBE

En RDC, Jean-Bertrand Ewanga, le secrétaire général de l’Union pour la nation congolaise, la troisième force de l’opposition représentée au Parlement, a été condamné à un an de prison ferme pour outrage au chef de l’État, mais aussi au président du Sénat, de l’Assemblée nationale et du Premier ministre sans possibilité de faire appel. Jusqu’à la fin, ce procès aura été hautement politique.

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C’est dans une salle quasi vide que le verdict a finalement été prononcé peu après 21h. Muré dans le silence, Jean-Bertrand Ewanga n’a montré aucun signe de surprise à la lecture de sa condamnation. Verdict : un an de prison ferme pour outrage à chef de l’État, mais aussi outrage au président du Sénat, du Parlement et du Premier ministre. L’accusation d’incitation à la haine raciale n’a finalement pas été retenue.

Depuis le début de la procédure, l’opposant se disait condamné d’avance dans un procès qualifié de politique et d’arbitraire par ses avocats. Ce jeudi encore, la dernière audience a été particulièrement agitée, avec une cour de justice entourée par des policiers.

Au final, le procès sur le fond aura duré à peine une heure. Une vidéo montrant Ewanga le jour de la manifestation a été diffusée par le procureur. On y voit l’opposant haranguer la foule, critiquer fermement le bilan de Joseph Kabila, évoquer des griots qui le conseilleraient et appeler à l’alternance… Mais jamais on ne l’entend traiter le président de voleur, comme l’a affirmé l’accusation. C’est sur ces termes de griots et de féticheur que le procureur a concentré son réquisitoire, qualifiant ces termes d’insultes.

En face Jean-Bertrand Ewanga a refusé de se défendre. Un peu plus tôt, ses avocats avaient quitté la salle pour dénoncer la partialité du juge, selon eux. C’est donc seul face aux sept juges que Jean-Bertrand Ewanga a prononcé ces quelques mots en guise de conclusion : « Faites ce que vous devez faire et envoyez-moi à Makala » (la grande prison de Kinshasa). Avant d’ajouter : « Mais je ne cautionne pas cette parodie de justice ».

Jean-Bertrand Ewanga « est un homme politique qui n’a fait que critiquer les actions de ce gouvernement », a réagi son avocat, Godefroy Bononga, après l'annonce du verdict. « Pour les activistes des droits de l’homme pour ceux qui se disent encore démocrates, c’est une déception totale. » Un signal, en tout cas, de fermeture de l’espace politique, à la veille de la rentrée parlementaire et d’une grande marche de l’opposition qui doit se tenir samedi à Kinshasa contre la réforme de la Constitution et un troisième mandat de Joseph Kabila.

C’est une condamnation politique qui n’a rien à voir avec la justice.

Joseph Kapika

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