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Somalie

Somalie: coordination franco-américaine pour «liquider» Godane

La mort du chef shebab Godane, commentée ici sur CNN, a fait la Une des programmes tv et radio en Somalie.
La mort du chef shebab Godane, commentée ici sur CNN, a fait la Une des programmes tv et radio en Somalie. AFP/Mohamed Abdiwahab
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Le 1er septembre dernier, les Américains tuaient via plusieurs drones le leader des shebabs, Ahmed Abdi, surnommé «Godane» dans la capitale somalienne Mogadiscio. Aucune précision n'avait été donnée sur cet «assassinat ciblé». Dans un article publié dans l'hebdomadaire Le Point, le journaliste Jean Guisnel révèle l'existence d'un pacte secret scellé entre Barack Obama et François Hollande fin 2012 pour éliminer le chef des djihadistes somaliens. «La France et le président de la République ont appuyé la coopération en matière de renseignement et de coordination» en vue de la frappe, a-t-on appris dans l'entourage du président français, confirmant en partie les informations publiées dans Le Point.

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Photo non datée de Godane, surnom d'Ahmed Adbi Mohamed, dont la mort a été confirmée par le Pentagone le 5 septembre 2014.
Photo non datée de Godane, surnom d'Ahmed Adbi Mohamed, dont la mort a été confirmée par le Pentagone le 5 septembre 2014. REUTERS/U.S. Department of State

« C’est un pacte qui consiste pour les Américains à aider les Français à 'liquider', c’est le terme consacré, le leader des shebabs qui s’appelle Ahmed Godane» explique Jean Guisnel. On a effectivement appris il y a quelques jours qu'Ahmed Abdi Godane avait été abattu alors qu'il était en réunion avec des hauts responsables de son mouvement à une centaine de kilomètres au sud de Mogadiscio . Et c'est un lourd arsenal qui a été mis en oeuvre pour abattre le chef shebab -missiles Hellfire et armes à guidage laser- par les forces spéciales américaines.

Selon Jean Guisnel, les Français ont contribué « au recueil du renseignement avec les Américains et les Américains fournissant les moyens de tuer ce chef shebab somalien ».

Echec de la libération de Denis Allex

Le pacte a été mis en œuvre en janvier 2013, poursuit Jean Guisnel « lorsque les Français ont cherché à libérer leur otage Denis Allex qui était aux mains de Godane et il a été poursuivi jusqu’au 1er septembre, lorsque les Français ont fourni aux Américains –dans la plus extrême urgence- la localisation de Godane que ces derniers ne connaissaient pas ».

Denis Allex, un agent secret français, avait été capturé en juillet 2009 en Somalie. Dans la nuit du 11 au 12 janvier 2013, un commando du service d'action de la DGSE effectue un raid sur le village de Bulo Mareer, dans le sud de la Somalie où l'otage avait été localisé. La tentative de libération se solde par la mort de plusieurs personnes dont Denis Allex. « Il y a eu une collaboration, un partage, poursuit Jean Guisne. Les Français ont fourni le renseignement, sur ordre direct de François Hollande qui voulait absolument que la mort de Denis Allex fasse l’objet d’une sanction radicale ».

Le mouvement shebab a promis des représailles, et représente plus que jamais une menace dans la région. En Ouganda, les autorités ont annoncé samedi avoir identifié une cellule qui planifiait une attaque qualifiée «d’imminente».

Depuis la mort de Ahmed Godane, les conjectures vont bon train concernant l’avenir du mouvement. Un successeur a certes été désigné rapidement, Ahmed Omar, alias Abu Ubaidah, fidèle d’Ahmed Godane et qui appartient à un clan minoritaire de la famille des Dir. Cependant, estiment les observateurs, les concertations n’ont sans doute pas été menées avec toutes les factions du mouvement. Après sa désignation, un porte-parole a réitéré le soutien à al-Qaida. Or, cette allégeance serait contestée, certains prônant un rapprochement avec l’Etat islamique, plus à même de fournir entraînement et soutien logistique.

Sur le plan militaire, en Somalie, les combattants sont sous la pression d’une offensive des troupes ougandaises, dans le cadre de l’opération baptisée océan indien. L’Amisom (la mission de l'Union africaine en Somalie), dont le prochain objectif d’ampleur est Barawe, le bastion des shebab depuis ces derniers mois, déclare avoir ciblé deux de leurs camps vendredi. Si des divisions internes et une perte de territoire sont donc à prévoir, le mouvement reste cependant une menace pour les pays de la région. La plupart sont en état d’alerte.

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