Guinée / Ebola

Ebola: le suivi des proches des malades au cœur du dispositif

Des proches de victimes d'Ebola se rassemblent devant l'hôpital Donka de Conakry, le 30 juillet 2014.
Des proches de victimes d'Ebola se rassemblent devant l'hôpital Donka de Conakry, le 30 juillet 2014. REUTERS/Saliou Samb

Comment lutter contre Ebola ? Parmi les tâches qui échoient à Médecins sans frontières (MSF) et à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il y a le suivi des personnes qui ont été en contact avec les malades d’Ebola. Les proches sont en effet observés pendant 21 jours, la période maximale d’incubation du virus, pour savoir s’ils développent ou non la maladie. Une opération essentielle.

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Avec notre envoyé spécial à Guéckédou en Guinée forestière, Olivier Rogez

Chaque jour sur sa moto chinoise, Pascal sillonne les quartiers de Guéckédou et fait la tournée des familles des malades d’Ebola : « Lorsque nous remarquons des anomalies, nous remontons l’information sur la personne, explique-t-il. Cette personne est une personne qui a été en contact avec un malade, et si on remarque quelques signes, par exemple, qu’elle avait la fièvre et que cette fièvre ne fait que persister, on remonte l’information immédiatement. Si ça continue, il y a une équipe d’alerte qui est là et qui descend immédiatement sur le terrain pour équiper l’intéressé pour son test. »

Dans le quartier de Farako 3, Pascal rend visite à Candiano dont le jeune frère est malade d’Ebola depuis dix jours. Candiano et la famille de son frère sont considérés comme personnes à risques : « Tout le monde va bien, sauf sa première femme qui a commencé à "faire le palu". Ici dans la maison, là où il y a les enfants, la plus grande partie de la famille, il n’y a pas de problèmes. Tout le monde va bien. Et on est en train de décompter les jours qui passent sans malade. »

Pascal et les équipes en charge du suivi des contacts font preuve d’une prudence extrême et gardent leurs distances avec les malades. Mais ils font preuve aussi d’une gentillesse déconcertante, car il s’agit de rassurer ces malades potentiels.


■ MSF en première ligne

Le virus Ebola a touché près de 5 000 personnes en Guinée, au Libéria, au Nigeria, au Sénégal et en Sierra Leone dont près de la moitié est morte selon l’OMS. Sur le terrain, l’organisation humanitaire Médecins sans frontières est en première ligne.

Son savoir-faire acquis après plusieurs décennies de gestion d’épidémies et de crises sanitaires a permis la mise en place progressive de centres de prise en charge de personnes contaminées par le virus Ebola : deux en Guinée, à Conakry et Guéckédou, deux au Libéria, à Monrovia et Foya, et le cinquième à Kailahun en Sierra Leone.

A ce jour, près de 3 000 patients ont été admis par MSF et son premier objectif est aujourd’hui de protéger son personnel de santé. Le nombre de lits pour accueillir les populations en demande de prise en charge ne suffit pas. Près de 240 travailleurs internationaux et 2 000 nationaux fournissent sur le terrain un travail que tout le monde salue. Et malgré les 435 tonnes de matériel expédiées, MSF fait part de la frilosité des Etats et notamment de l’Europe.

Afin de ne plus refuser l’accès aux centres à de potentiels malades, elle a demandé une aide militaire aux Etats-Unis pour un soutien logistique. Elle souhaite également réduire le temps d’attente entre les premiers symptômes d’un malade et son rapatriement comme c’est le cas pour cette volontaire française de l’organisation dont on sait qu’elle est contaminée par le virus depuis mardi après-midi.

La seule expérience de MSF ne suffit plus aujourd’hui à régler tous les problèmes inhérents à la plus grosse épidémie d'Ebola depuis sa découverte en 1976.

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