Rwanda / Burundi

Lac Rweru: Washington recommande l’assistance de légistes étrangers

Des habitants se tiennent sur les bords de la rivière Kagera où plusieurs corps ont été retrouvés.
Des habitants se tiennent sur les bords de la rivière Kagera où plusieurs corps ont été retrouvés. AFP PHOTO/ESDRAS NDIKUMANA

Après le Rwanda, le Burundi a annoncé que son enquête était terminée concernant les corps retrouvés flottant sur le lac Rweru. Pourtant, il n'y a eu aucune autopsie effectuée sur les quatre corps que les autorités burundaises avaient repêchés. Les riverains du lac et de la rivière Kagera parlent de dizaines de cadavres. Après l'Union européenne, le département d'Etat américain, joint par RFI, dit aujourd'hui avoir appelé les deux pays à mener des enquêtes promptes, poussées et indépendantes avec l'assistance d'experts en médecine médico-légale indépendants et internationaux.

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« Les Etats-Unis avaient exprimé leur profonde inquiétude après la découverte d'un certain nombre de corps, en juillet et en août derniers, lors d’une réunion du groupe de contact sur les disparitions forcées qui s'est tenue conjointement avec le Conseil des Nations unies pour les droits de l'homme, à Genève, le 12 septembre », rappelle, à RFI, Rodney Ford, porte-parole du département d'Etat américain en charge des questions africaines.

Le département d'Etat américain dit aussi avoir appelé les gouvernements burundais et rwandais à mener des enquêtes « avec l'assistance d'experts en médecine légale indépendants et internationaux ».

Les deux capitales sont, semble-t-il, restées sourdes à cette demande américaine comme d’ailleurs à celle de l'Union européenne cette semaine, puisque les autorités rwandaises et burundaises disent avoir fini leurs enquêtes et démentent toute disparition sur les territoires.

Pour justifier l'absence d'autopsie, outre des « raisons sanitaires », Bujumbura avait précisé ne pas avoir les moyens techniques d'identifier ces victimes ou de déterminer les circonstances de leurs morts.

« Nous n'avons reçu aucune demande d'assistance », commente pourtant un officiel étranger, précisant que tout pouvait être envisagé.

De son côté, le porte-parole du département d'Etat américain chargé des Affaires africaines, Rodney Ford a tenu à faire un dernier commentaire. « Nous sommes fermement convaincus que ces victimes méritent d'être identifiées, que leurs familles ont droit de connaître leur destin et que ceux qui sont responsables de ces morts doivent être jugés », a-t-il conclu.

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