Guinée-Bissau

Guinée-Bissau: une vingtaine de morts suite à l’explosion d’une mine

C'est un minibus, presque comme celui-ci, qui a sauté sur une mine abandonnée, vendredi, dans le nord de la Guinée-Bissau.
C'est un minibus, presque comme celui-ci, qui a sauté sur une mine abandonnée, vendredi, dans le nord de la Guinée-Bissau. AFP/SEYLLOU

Au moins 21 passagers d'un minibus surchargé circulant dans le nord de la Guinée-Bissau ont été tués dans l'explosion d'une mine abandonnée. Quinze personnes ont également été blessées, dont plusieurs très grièvement ; trois autres, dont le chauffeur, s'en sont sorties indemnes.

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Une équipe de démineurs de l’armée bissau-guinéenne qui a analysé les débris de l’engin explosé vendredi a conclu qu’il daterait de la lutte pour l’indépendance, il y a 40 ans.

Un expert du Centre d’action anti-mine (CAAMI), chargé de la formation et de la coordination du déminage a pour sa part indiqué que quelque 4 000 mines anti-personnelles et anti-chars ont été abandonnées par l’armée coloniale portugaise dans certaines régions pendant la guerre d'indépendance de 1961-1974.

Barakham Thiam, un spécialiste du déminage rappelle : « Pendant la Seconde Guerre mondiale, les combattants avaient utilisé des mines en Afrique du nord et dans certains pays européens. Ces mines, à ce jour, font encore des dégâts. La mine, plus elle dure sous le sol, plus elle se bonifie. Pourquoi ? Parce que le dispositif de mise à feu est suspendu par des collerettes, ces collerettes avec l’usure du sol se fragilisent ».

« Les gens n’ont pas de carte de la pose des mines »

A ces 4 000 mines anti-personnelles s’ajoutent plusieurs milliers d’autres engins, posés sans une cartographie précise lors de la guerre civile de 1998 à 1999 par l’armée gouvernementale et les mutins du général Ansoumane Mané.

Soulemane Doukouré, un agent du déminage de l’organisation sud-africaine Mekem témoigne : « Ce qui est dangereux ici, c'est que les gens n’ont pas de carte de la pose des mines. C’est ça le problème ». Les organisations chargées du déminage, financées par le Pnud, l’Union européenne et d’autres partenaires ont toutes jeté l’éponge ou tournent au ralenti faute de financement ou de suivi.

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