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Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire: Blé Goudé devant la CPI pour tenter d'éviter un procès

Charles Blé Goudé devant la Cour pénale internationale en mars 2014.
Charles Blé Goudé devant la Cour pénale internationale en mars 2014. REUTERS/Michael Kooren
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Charles Blé Goudé comparaît depuis ce lundi matin devant la Cour pénale internationale à La Haye. Il a été remis à la CPI en mars 2014. Le leader des jeunes patriotes ivoiriens est accusé de crimes contre l'humanité durant les violences post-électorales de 2010-2011. Il saura d'ici jeudi quelles charges sont retenues contre lui.

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Durant quatre jours, l'accusation, c’est-à-dire le parquet de la Cour pénale internationale, doit tenter de démontrer que Charles Blé Goudé est bel et bien passible d'un procès pour crimes contre l'humanité. Et l’on est très vite rentré ce matin dans le vif du sujet : c'est la procureure, qui a ouvert l'audience. Fatou Bensouda est à l'origine de la plainte contre le leader des jeunes patriotes et elle a dressé un portrait de Charles Blé Goudé, le dépeignant comme un homme clé des violences qui ont suivi l'élection présidentielle de novembre 2010.

Pour l'accusation, au lendemain de la présidentielle, les forces favorables au président sortant Laurent Gbagbo ont attaqué la population à Abidjan et dans l'Ouest du pays. Ces milices et autres mouvements de jeunes s'en sont pris à des civils accusés d'être des partisans du candidat de l'opposition Alassane Ouattara. Pour l'accusation, Charles Blé Goudé était un membre éminent de l'entourage du président Gbagbo et a apporté une contribution essentielle à l'exécution d'un plan criminel.

Ce matin, il n’y a eu de témoignages accusateurs, mais l'équipe du procureur, ses substituts ont présenté des documents audiovisuels, des photos, tentant à démontrer par les faits que notamment sur la période de la fin du mois de février 2011 Charles Blé Goudé au cours de plusieurs meetings et réunions publiques avait arrangé les jeunes pro Gbagbo, leurs demandant de dénoncer toutes les personnes étrangères rentrant dans les quartiers d'Abidjan. Les étrangers c’est-à-dire, les Dioulas, originaires du nord du pays ou des pays voisins. L'accusation a rappelé l'organisation de barrages dans plusieurs quartiers de la ville. Des barrages et des lynchages de ces civils qualifiés d'étrangers qui finiront, pour certains, brûlés vifs sous les hourras de leurs bourreaux.

Une accusation « faible » pour la défense

Durant ces quatre jours, la défense peut aussi contester les faits et présenter des éléments à décharge. Charles Blé Goudé pourra en personne s'exprimer au terme de cette audience jeudi. Et ce lundi matin, c’est son avocat israélien, maître Kaufman qui a commencé à démonter l'accusation jugée « très faible ».

« Ce n'est pas parce que Charles Blé Goudé était présenté comme le chef des jeunes qu'il est responsable de tout ce qui s'est passé », a expliqué maître Kaufman. L’avocat a dénoncé l'axe d'accusation qui s'en prend à la galaxie patriotique : « Nous démontrerons que Charles Blé Goudé n'est pas le chef de cette galaxie patriotique composée de nombreuses associations et milices. Il n'est qu'un point insignifiant de cette galaxie et nous renverrons l'accusation dans le trou noir de l'histoire », a conclu l'avocat de Charles Blé Goudé.

Suite à ces quatre jours d’audience, la chambre préliminaire aura alors 60 jours pour rendre sa décision, c’est-à-dire soit décider de la tenue d'un procès, soit estimer que les charges sont insuffisantes ou incomplètes. Lors de sa présentation devant la CPI en mars dernier, le leader de la jeunesse FPI (Front populaire ivoirien) avait dit ne pas craindre un procès et s'estimait persuadé de rentrer chez lui innocenté.

Le procès Gbagbo déjà confirmé

La CPI a récemment annoncé qu'un procès aurait bien lieu contre l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, lui aussi incarcéré à La Haye. Par ailleurs, ce lundi matin, la procureure Fatou Bensouda a tenu à rappeler que la CPI poursuivait ses enquêtes sur les violences postélectorales et que si la situation le justifie d’autres affaires seront présentées devant la CPI sans traitement de faveur et quel que soit le bord ou l'appartenance des auteurs des crimes. Une façon de rappeler que la CPI n’est pas une tribune politique, mais un tribunal.

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