Sénégal

Procès Wade: de nombreuses questions après l’évacuation de Bibo Bourgi

Karim Wade à son arrivée à l'audition devant la Cour de répression de l'enrichissement illicite à Dakar, le 15 mars 2013.
Karim Wade à son arrivée à l'audition devant la Cour de répression de l'enrichissement illicite à Dakar, le 15 mars 2013. AFP/SEYLLOU

Bibo Bourgi a été évacué vers la France et admis à l’hôpital Georges Pompidou, à Paris, ce mercredi 1er octobre. Cet homme d’affaires est le principal co-accusé dans le procès de Karim Wade devant la cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI). Bibo Bourgi souffre de problèmes cardiaques et rénaux aggravés par une infection nosocomiale contractée dans un hôpital de Dakar.

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Les avocats de Bibo Bourgi n’avaient de cesse de demander son évacuation en urgence vers la France, comme le préconisaient également les expertises demandées par la Cour de répression de l’enrichissement illicite. Celle-ci a finalement accepté et lui a donné un mois pour se soigner.

Cette évacuation laisse en tout cas beaucoup de questions en suspens. Et s’il ne revenait pas ? Après tout, l’homme d’affaires libano-sénégalais a aussi la nationalité française et la France n’extrade pas ses ressortissants. « Il reviendra », affirme son avocat, Maître Baboucar Cissé, qui reconnait néanmoins qu’aucune assurance n’a été donnée si ce n’est un engagement écrit. « Je pense que s’il n’y a pas de retour, juridiquement en tout cas, la cour a la possibilité de délivrer un mandat d’arrêt international, de révoquer son contrôle judiciaire et de le faire incarcérer dès son retour à Dakar », avance pour sa part Me Corinne Dreyfus-Schmidt.

Bibo Bourgi a désormais un mois pour se remettre d’aplomb. Est-ce qu’un mois suffira, vu son état de santé ? Pour ses avocats, ce délai est très court. « Compte tenu de la situation, qui est due en partie à l’inertie des autorités judiciaires depuis deux ans, on a un peu peur que ce délai d’un mois soit trop court. La cour a mis un délai qui paraît ne pas du tout correspondre à tous les éléments indiqués par les médecins », estime ainsi Me Corinne Dreyfus-Schmidt.

Par ailleurs, la CREI va-t-elle suspendre le procès en attendant ? Les avocats de la défense des co-prévenus ne devraient pas manquer d’en faire la demande, le 13 octobre prochain, à la reprise des audiences. « A partir du moment où un procès doit être contradictoire en présence de toutes les parties, les débats n’auraient aucun sens s’il n’était pas entendu. Il est la clé de voûte de toute l’affaire, puisque plus de la moitié des biens attribués à Karim Wade lui appartiennent », peuvent-ils argumenter.

« C’est à la cour et à elle seule d’en décider. La cour a commencé l’audition des témoins, elle peut décider de continuer sur sa lancée », explique, de son côté, un juriste. Pour Maître François Meyer, l’un des avocats de l’Etat, le procès doit continuer avec ou sans Bibo Bourgi. « Qu’il soit là ou pas, nous nous adapterons et il sera démontré que tous les biens lui ont certes été attribués mais dans l’intérêt de Karim Wade », précise-t-il.

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