Sierra Leone

Ebola: la Sierra Leone lance l’école à la radio

Ecoles fermées, rues désertes dans la capitale de la Sierra Leone, au premier jour de confinement de la population pour lutter contre le virus Ebola. Freetown, le 19 septembre 2014.
Ecoles fermées, rues désertes dans la capitale de la Sierra Leone, au premier jour de confinement de la population pour lutter contre le virus Ebola. Freetown, le 19 septembre 2014. Reuters/Umaru Fofana
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La Sierra Leone a lancé le mardi 7 octobre un programme d'enseignement scolaire via la radio et la télévision. Car depuis l'instauration de l'état d'urgence fin juillet dans le pays, pour cause d'épidémie Ebola, les écoles sont fermées. Par conséquent, la rentrée, prévue au mois de septembre, n'a pas eu lieu. 

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Deux millions de jeunes Sierra Léonais sont actuellement privés d'école en raison de l'épidémie d’Ebola. Ils passent leurs journées chez eux ou dans la rue. Certains ont repris le chemin du travail. Beaucoup sont aujourd’hui orphelins d’un parent, voire des deux. « Certains sont complètement seuls et l’école est pour eux le dernier espoir de reprendre une vie normale », remarque Anne Boher, responsable de la communication de l'Unicef.

Puisque les enfants ne peuvent plus aller à l’école, c’est l'école qui va aller à eux. En Sierra Leone, depuis le 7 octobre, 41 radios à travers tout le pays et aussi la télévision nationale diffusent chaque jour quatre heures de cours. La présidence assure qu'il y en a pour tous les niveaux, du jardin d'enfants à l'université. L’objectif est de limiter l'impact de l'épidémie sur l'éducation des jeunes Sierra-léonais, comme l'explique Alpha Kanou, porte-parole de la présidence : 

« Les enfants auront des leçons en français, en anglais, des leçons aussi de mathématiques, de sciences... Et on a choisi les meilleurs enseignants du pays pour assurer cet enseignement temporaire. Cela pour les aider à rester connectés à l’école. C’est une considération très importante pour le gouvernement. Il faut que les enfants n’oublient pas qu’ils sont toujours des élèves ». D'ailleurs, pour inciter les élèves à prendre l'initiative au sérieux, les autorités ont prévu de les évaluer, au moment de la reprise des cours, sur la base des enseignements radiodiffusés.

Peter a 18 ans. Il y a quelques mois encore, il étudiait avec l'espoir de devenir avocat. « Aujourd'hui, je n'ai plus rien à faire. Alors je reste à la maison. Et j'essaie d'étudier à partir de vieux cahiers d'école. Et puis j'écoute les cours à la radio. L'enseignement est vraiment bien fait. Cela me permet de réviser les leçons que j'avais suivies l'an dernier, explique-t-il. Mais l'école me manque. C'est tellement important l'école. Je veux devenir quelqu'un, me construire un avenir. » Beaucoup, comme Peter, saluent l'initiative du gouvernement. Mais elle a ses limites. Seuls 25 % de la population possèdent un poste de radio dans le pays. Atteindre les populations les plus vulnérables reste donc difficile.

L'Unicef est partenaire de l'opération, mais espère tout de même que cette situation ne durera pas trop longtemps. L'agence des Nations unies rappelle à quel point la routine que constitue l'école est importante pour la construction d'un enfant, du point vue de l'apprentissage bien sûr, mais également d'un point de vue psychologique. Pour le moment, le retour à la normale n'est pas attendu avant 2015.

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