Afrique du Sud: jour J pour Oscar Pistorius

L'ancien athlète sud-africain Oscar Pistorius.
L'ancien athlète sud-africain Oscar Pistorius. REUTERS/Siphiwe Sibeko
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Après sept mois de procès et 48 jours d’audience, Oscar Pistorius va enfin connaître sa sentence ce mardi. Reconnu coupable d’homicide involontaire « par négligence » mi-septembre, le sportif peut repartir libre avec une grosse amende, être placé en résidence surveillée ou écoper d'une peine de quinze ans de prison. En l’absence de jury populaire en Afrique du Sud, c’est à la juge seule de trancher. L’accusation requiert dix ans de prison ferme minimum contre le sportif.

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Jusqu’au bout, lors de la dernière audience du 17 octobre, la juge Masipa est restée impassible, écoutant en silence les arguments de la défense et de l’accusation.

Lors de sa plaidoirie, l’avocat Barry Roux a présenté Oscar Pistorius comme « une victime » qui a tout perdu. Selon lui, la prison ne ferait que « détruire un peu plus le sportif », « traumatisé » et très vulnérable sur ses prothèses. La défense estime qu’une assignation à résidence et des travaux d’intérêt général serait une peine suffisante pour Oscar Pistorius, lequel peut « encore être utile à la société » selon son avocat.

Ces recommandations sont jugés « choquantes » par l’accusation, qui a souligné la souffrance de Reeva Steenkamp.

Selon le procureur, si Oscar Pistorius n’est pas envoyé derrière les barreaux, la société sud-africaine se sentira trahie. L’accusation requiert donc un minimum de dix ans de prison contre lui.

Il revient maintenant à la juge Masipa de décider. Mais en écartant la thèse du meurtre dans son verdict mi-septembre, elle avait déjà divisé l’opinion sud-africaine.

Appel attendu, quelle que soit la sentence

La société sud-africaine est très divisée sur le sujet. Hier dans la presse, il y a eu des spéculations - aussitôt démenties - selon lesquelles les services pénitentiaires avaient préparé une cellule pour Oscar Pistorius.

La famille de l’athlète a également donné des interviews dans la presse, maintenant qu’ils ont confiance dans sa version. Il y a eu des débats également sur les prisons : sont-elles équipées pour recevoir des handicapés ? En outre, les craintes qu'Oscar Pistorius, s’il allait en prison, soit une victime facile, sont soulevées. Est-ce que cet élément va peser sur la décision de la juge ?

Quelle que soit la peine, on s’attend très probablement à un appel, que ce soit de la défense ou de l’accusation.

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