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Afrique du Sud

Massacre de Marikana: la police sud-africaine plaide la légitime défense

A Marikana, en Afrique du Sud, des veuves et proches des 34 mineurs tués par la police en 2012, lors de la remise d'une pétition demandant la diffusion d'un documentaire sur le drame à la télévision SABC.
A Marikana, en Afrique du Sud, des veuves et proches des 34 mineurs tués par la police en 2012, lors de la remise d'une pétition demandant la diffusion d'un documentaire sur le drame à la télévision SABC. AFP PHOTO/MUJAHID SAFODIEN

En Afrique du Sud, deux ans après le massacre de Marikana, la police se défend d’avoir délibérément voulu tuer des mineurs. En août 2012, 34 mineurs en grève illégale dans une mine de platine étaient abattus par les forces de l’ordre. Le travail de la commission d’enquête chargée de déterminer les responsabilités des uns des autres, touche à sa fin. Ce jeudi 13 novembre, dans l’après-midi, l’avocat des forces de police sud-africaines qui a présenté sa plaidoirie.

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Pour l’avocat des forces de l’ordre, Ishamel Semenya, « la police a agi en état de légitime défense » quand elle a tiré sur les mineurs qui manifestaient illégalement pour une augmentation de salaire. « Quelle est la tension d’un officier de police quand il est face un groupe de 300, 400 personnes armés de lances, de machettes, de toutes sortes d’armes et certains même munis de pistolets et qui tirent ? », a lancé l'avocat.

La police a toujours maintenu que les manifestants étaient armés de lances, de machettes et de bâtons ; qu’ils avaient refusé de déposer les armes et avaient attaqué. Néanmoins, tout au long de ces deux ans d’enquête, la thèse de la police a été sérieusement remise en cause. Les forces de l’ordre étaient en surnombre, suréquipés, et surtout, la veille, le ministre de la Police avait reçu pour instruction de rétablir l’ordre de façon appropriée face à une grève jugée criminelle. Au total, il y a eu 70 blessés et 34 morts, parmi lesquels des mineurs tués par plusieurs balles, pour certains, dans le dos.

La police est accusée d’avoir voulu mater les grévistes pour des motifs politiques. Cet après-midi, l’avocat des forces de l’ordre s’est évertué à faire porter la responsabilité du massacre aux mineurs. Pourquoi étaient-ils armés ? Pourquoi s’en sont-ils pris à la police ? L’avocat est allé jusqu'à recommander que les mineurs soient inculpés pour trahison pour avoir attaqué les forces de l’ordre. « Ce groupe était en train d’attaquer la police. Ils attaquaient l’autorité de l’État, la seule autorité capable de maintenir l’ordre et la loi. Ça, c’est de la trahison. La situation est extrêmement grave », a dénoncé maître Ishamel Semenya.

Dans la salle, les familles étaient écœurées. Certains mineurs ont été atteints d’une dizaine de balles, certains ont été abattus dans le dos. Comment cela peut-il être de la légitime défense, demandent-elles. La commission d’enquête doit achever son travail en fin de journée ce vendredi et doit rendre son rapport en mars prochain.

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