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Nigeria

Nigeria: Boko Haram sème la peur dans le nord du pays

Site de la triple attaque à la bombe contre la Grande Mosquée de Kano, dans le nord du Nigeria, le 28 novembre 2014.
Site de la triple attaque à la bombe contre la Grande Mosquée de Kano, dans le nord du Nigeria, le 28 novembre 2014. REUTERS/Stringe
Texte par : RFI Suivre
2 min

Une série d’attentats a touché le nord du Nigeria ces derniers jours. Le dernier en date, ce mardi 1er décembre, a touché la ville de Damuturu. Boko Haram en est sans doute l’instigateur. Cette recrudescence de violences dans cette partie de la région n’est pas un hasard selon les observateurs. Dans quelques semaines doivent se tenir des élections générales.

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En l'espace de quatre jours, Boko Haram a mené trois opérations spectaculaires dans trois villes situées dans trois Etats du pays. D'abord, l'attentat de la grande mosquée de Kano, vendredi 28 novembre. Particulièrement meurtrier, il a fait au moins 120 morts. Il a peut-être été mené en représailles aux propos de l'émir de Kano. Mohamed Sanusi avait appelé ses fidèles à prendre eux-mêmes les armes pour mettre à terre Boko Haram.

L'attaque sur Damaturu dans l'Etat de Yobe a été tout aussi impressionnante. Des insurgés y ont pénétré à l'aube, lundi 1er décembre, appuyés de lance-roquettes et de mortiers. « Au retour de la prière, on a commencé à entendre des explosions et des coups de feu, raconte un étudiant de Damaturu. J'ai entendu des roquettes aussi et des explosions. Les étudiants ont fui l'université de Yobe, ils sont allés se cacher en brousse, parce qu'ils ont peur des attaques. Les gens restent cloîtrés chez eux. Un ami m'a appelé du quartier de Waziz Ibrahim, une roquette est tombée sur une amie à côté de chez lui, un enfant est mort dans l'explosion. Donc vous voyez, on a peur de bouger, les combats continuent, mais on ne sait pas d'où viennent les tirs. »

Elections générales de février 2015

Les attentats-suicides de Maiduguri sonnent comme une revanche contre les comités d'autodéfense, qui sont parvenus à chasser Boko Haram de la capitale de l'Etat de Borno, leur bastion. Ces dernières opérations semblent rompre avec les attaques menées par l'insurrection ces derniers mois, qui ont permis à Boko Haram de conquérir des localités stratégiques.

Ces derniers jours, le groupe, s'il est confirmé qu'il est l'auteur des attaques de Maiduguri et de Damaturu, semble renouer avec des opérations terroristes pour déstabiliser. Plusieurs observateurs pensent que Boko Haram agit pour empêcher la tenue d'élections nationales à travers le territoire, pour nuire à la légitimité du futur gouvernement.

« Boko Haram veut semer la terreur dans le nord du pays. Pour Boko Haram, un groupe salafiste jihadiste, un processus électoral susceptible de mener à un gouvernement démocratique et laïc est un processus qui est forcément illégitime, explique Ryan Cummings, consultant spécialiste de la sécurité en Afrique subsaharienne pour l'agence red24. Donc Boko Haram souhaite à tout prix empêcher les Nigérians de participer à un scrutin, car la participation apporte de la crédibilité au scrutin qui elle-même confère une certaine légitimité au gouvernement qui est en issu. » Les élections générales sont prévues mi-février.

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