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Mali

Le Mali confirme la libération de jihadistes contre celle de Lazarevic

Serge Lazarevic à son arrivée à Villacoublay, le 10 décembre.
Serge Lazarevic à son arrivée à Villacoublay, le 10 décembre. REUTERS/Philippe Wojazer
Texte par : RFI Suivre
3 min

L’information avait été révélée par RFI en début de semaine, le ministre malien de la Justice l’a confirmée chez nos confrères de France 24, vendredi 12 décembre. Quatre jihadistes ont été libérés contre celle de Serge Lazarevic. Une information qui avait notamment provoqué la colère des surveillants de prison à Bamako.

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Le ministre malien de la Justice, Mohamed Ali Bathily, a confirmé vendredi 12 décembre une information révélée par RFI en début de semaine. Quatre prisonniers ont bel et bien été libérés en échange du Français Serge Lazarevic. Le dernier otage Français a retrouvé la liberté mardi après trois années de captivité aux mains d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

C’est la première fois que le gouvernement malien reconnaît avoir libéré des prisonniers, dont un assassin, en échange d’otages étrangers.Il fallait sauver la vie d’un innocent, explique le ministre malien de la Justice Mohamed Ali Bathili ajoute que dans un passé récent, il y a eu le même échange pour obtenir la libération de militaires maliens détenus par des groupes armés du Nord.

Pour l'honneur du Mali

« Nous l’avons fait - y compris à l’intérieur lorsqu’il s’agissait de Maliens -, nous l’avons fait de surcroit quand il s’agit de personnes ressortissantes de pays qui sont venues quand même nous aider dans les moments les plus critiques », a déclaré le ministre au micro de France 24. Le Mali ne pouvait que prendre part, pour son honneur, au sauvetage de l’otage, a-t-il jugé.

Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense est resté très vague sur cette question : « Il y a des prisonniers qui sont faits, qui sont transférés à la justice. Ce n’est pas toujours le cas, mais cela arrive régulièrement. Concernant le débat autour de la libération de Lazarevic, je ne me prononcerai pas. » Et d'ajouter : « Je ne m’exprime jamais sur la question des otages. Je ne m’exprime ni avant, ni pendant, ni après. Et non pas par goût du secret, mais parce que ca fait partie de la sécurité, la sécurité des autres et la sécurité de nos interventions. »

Grincements de dents à Bamako

Mais au lieu de faire revenir le calme, l’aveu du gouvernement malien continue, à Bamako, à provoquer des grincements de dents. Derniers en date : ceux de l’opposition, qui condamne ces libérations. Quant aux surveillants de prison, dont un collègue a été tué par un des prisonniers libérés, ils projettent de faire grève.

A cette question, Jean-Yves Le Drian apporte une réponse ferme : « Je pense que les populations civiles du Mali sont tout à fait conscientes du rôle que joue la France pour l’intégrité du Mali. Ce sont les mêmes populations qui ont applaudi les soldats français, je pense qu’elles ne l’oublient pas. »

De la même manière, le ministre de la Défense conteste toute relation entre la libération de l'otage et l'opération de la force Barkhane qui a conduit à la mort d'un haut responsable jihadiste. « Non, il n'y a aucun lien, affirme-t-il. Nous avons effectivement mené une opération fructueuse les heures dernières, où nous avons pu neutraliser un personnage important, le terroriste el-Tilemsi, qui est un des chefs opération du groupe al-Morabitoune, mais ça fait partie des opérations que nous menons régulièrement, l'opération Barkhane, c'est tous les jours.»

 

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