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Cote d'Ivoire

Derrière les murs d’une prison pour mineurs en Côte d’Ivoire

La Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca) au sein de laquelle se trouve le Centre d'observation pour mineurs (COM)
La Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca) au sein de laquelle se trouve le Centre d'observation pour mineurs (COM) AFP/Issouf Sanogo
Texte par : RFI Suivre
3 mn

En Côte d'Ivoire, on parle très peu des enfants en détention. À Abidjan, ils sont environ 70 au Centre d'observation pour mineurs (COM), un établissement installé dans l'enceinte de la grande prison, la Maca. Reportage avec les bénévoles de la fondation Amigo, qui visitent chaque semaine ces enfants, dans ce centre inhospitalier, insalubre, délaissé par l'administration judiciaire.

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Les enfants dorment sur des sur des nattes posées sur des lits moulés dans le béton. Seuls quelques-uns ont la chance d'avoir un mince matelas en mousse. Les moustiquaires et les ampoules sont encore plus rares, les toilettes sont souvent bouchées. Les bénévoles d'Amigo aident les enfants à nettoyer une fois par semaine. À l'étage, au niveau des cellules, il n'y a pas d'eau. Un unique robinet dans la cour en fournit quelques heures dans la journée.

C'est pourtant là qu'ils passent le plus clair de leur temps : ils descendent en moyenne cinq heures par jour. Des cours d'alphabétisation, des initiations à la couture et à la menuiserie leur sont proposés le matin. L'après-midi, c'est foot, dans la cour souvent inondée. Beaucoup d'enfants ont le corps mangé par les moustiques. Un dénuement qui créé parfois des drames.

Six mois en moyenne en prison

« Il y a un enfant qui est mort à cause d’un paludisme simple, qui n’a pas été soigné, parce qu’il n’y avait pas de médicaments à l’infirmerie à ce moment-là, explique le père Miguel Vincent, directeur du centre Amigo qui visite les enfants. Et c’est un exemple grave qui montre que ce n’est pas une priorité pour le gouvernement, de protéger et de garder ses enfants. »

La plupart de ces jeunes ont commis des petits vols. Ils passent pourtant en moyenne six mois dans cette prison, certains jusqu'à deux ans. Beaucoup sont en rupture familiale, mais le juge a besoin d'un référent à qui confier le jeune libéré. Si les parents refusent, si les parents doivent aller devant le juge, ça prend du temps. Et pendant tout ce temps, le mineur reste à l’intérieur d’une prison. « Le gouvernement à ses éducateurs, qui doivent aller chez le parent, poursuit le père Miguel Vincent mais qui parfois ne peuvent pas le faire, parce qu’ils n’ont pas les moyens pour pouvoir se déplacer. »

Incarcérer des mineurs dans l'enceinte d'une prison amplifie la tension au COM. La fondation Amigo a fait construire un centre et espère obtenir le financement du gouvernement pour accueillir très bientôt les enfants dans des conditions décentes.

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