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Cöte d'Ivoire

Présidence du FPI: pour les pro-Gbagbo, «le droit n’a pas été dit»

Pascal Affi N'Guessan (FPI), lors d'une conférence de presse, le 4 décembre à Abidjan. Au fond, une affiche du parti sur laquelle on peut apercevoir Laurent Gbagbo.
Pascal Affi N'Guessan (FPI), lors d'une conférence de presse, le 4 décembre à Abidjan. Au fond, une affiche du parti sur laquelle on peut apercevoir Laurent Gbagbo. AFP PHOTO / HERVE SEVI

En Côte d’Ivoire, tandis que le procès de Simone Gbagbo se poursuit devant la cour d'assises d'Abidjan, la justice ivoirienne a invalidé ce lundi 29 décembre, la candidature de Laurent Gbagbo à la présidence du Front populaire ivoirien (FPI). Une décision contestée par le camp de l'ancien président, qui compte faire appel du jugement.

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Cette décision de justice fait suite à une plainte déposée par l'actuel président du FPI Pascal Affi N'Guessan, lui-même candidat à sa réélection à la tête du parti d'opposition. Devant la presse, ce dernier a immédiatement réagi à cette décision. « Certains camarades au sein du parti ont voulu instrumentaliser le nom du président Gbagbo, qui est aujourd’hui en procès [à] la Cour pénale internationale », a ainsi déclaré le président du FPI, avant d’ajouter : « Il a donc de grandes préoccupations [et] n’a pas besoin d’être impliqué dans nos querelles internes, dans nos débats politiques. »

Pascal Affi N’Guessan s'est ainsi vu conforté dans sa position, selon laquelle la candidature à la présidence du FPI ne peut se faire que de manière manuscrite, ce qui n'a pas été le cas pour Laurent Gbagbo, comme l'explique son avocat Maître Josiane Koffi Brédou. « C’est ce qui a été déterminant parce qu’en fait, il aurait fallu qu’il dépose une demande manuscrite en sa qualité de candidat, c’est ce qui n’a pas été fait. Donc le tribunal a, à juste titre, fait droit à la demande de Monsieur Affi N’Guessan sur cette base. » La production d’une telle pièce n’est pourtant pas inscrite dans le règlement du FPI. « Mais, poursuit l’avocat[elle l’est] dans le communiqué qui a été produit par le bureau du congrès qui a énuméré toutes les pièces requises dans le dossier de candidature d’un candidat. Et concernant le dossier de candidature de Laurent Gbagbo, cette pièce-là a fait défaut. »

Une « intrusion » dans le fonctionnement du FPI

Les soutiens de Laurent Gbagbo, eux, disent qu'ils vont faire appel. « Nous avions pensé que le juge rendrait une décision conforme à nos textes et à ce que nous pensions être juste, affirme Hubert Oulaye, président du comité de contrôle des candidatures du FPI, et ancien ministre de la Fonction publique. Nous ferons appel de cette décision, qui pour nous n’est rien d’autre qu’une intrusion dans le fonctionnement normal du FPI par le pouvoir, par la voix de son président, du président Affi. »

Pour Hubert Oulaye, l’attitude de ce dernier est d’ailleurs difficilement compréhensible. Il aurait dû convoquer le congrès pour départager les deux candidats. « Nous ne voyons pas pourquoi nous ne sommes pas allés au congrès pour que sur la base démocratique, nous voyions entre lui et le président [Gbagbo] qui aujourd’hui peut diriger ce parti politique. Ce serait vraiment dommage que nous nous arrêtions à une décision de justice et qu’on aille à un congrès avec des frustrations au niveau des militants. Personnellement, il faut que les deux candidatures puissent être confrontées et que la démocratie puisse se jouer au sein du parti. »

Appel suspensif

L’avocat du comité confirme aussitôt d’ailleurs la décision de contester ce jugement. « Nous allons faire appel de cette décision parce que de notre point de vue, le droit n’a pas été dit », déclare ainsi Me Achille Gogo. Un appel qui ne permet pas, selon lui, de régler le problème de la présidence, tant que le jugement définitif ne sera pas rendu. « L’appel que nous allons interjeter sera suspensif puisque la décision a retiré une des candidatures, le congrès avait été suspendu jusqu’à ce que cette décision soit rendue. La décision ayant été rendue tant que le délai d’appel court, on ne pourra pas faire le congrès étant entendu que cette décision qui a été rendue n’est pas définitive. Elle peut toujours être infirmée ou confirmée par la cour d’appel, c’est selon. »

L'appel risque donc de reporter le congrès du FPI d’un ou deux mois. Pascal Affi N'Guessan souhaite quant à lui jouer l’apaisement, et appelle au rassemblement, même s’il estime que le problème de la candidature ne se pose plus.« Evidemment, je suis le candidat unique, affirme-t-il. Mais ce n’est pas parce que je suis candidat unique que je m’engage dans une logique d’exclusion. Il s’agit de rassembler tous les cadres et nous comptons associer toutes les énergies, toutes les forces vives du parti à la direction future du FPI. »

À noter enfin que Pascal Affi N’Guessan a été reçu en fin de journée au ministère de l'Intérieur par le ministre Hamed Bakayoko. Rencontre entre le pouvoir et l'opposition qui a porté notamment sur le sort des prisonniers politiques, le gel des comptes des partisans de l'ex-président Gbagbo, le problème des exilés ou le financement des partis.

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