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Congo-Brazzaville

Congo-Brazzaville: débat lancé sur une nouvelle Constitution

Le président congolais Denis Sassou Nguesso, à son arrivée à l'aéroport international de Bole (Addis-Abeba), le 29 janvier 2014.
Le président congolais Denis Sassou Nguesso, à son arrivée à l'aéroport international de Bole (Addis-Abeba), le 29 janvier 2014. REUTERS/Tiksa Negeri
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le Parti congolais du travail (PCT) au pouvoir appelle à la mise en place d'une nouvelle Constitution. Une préconisation faite alors que le pays est à moins de deux ans de la prochaine élection présidentielle et alors que l'actuelle loi fondamentale empêche le président Denis Sassou Nguesso de se représenter en 2016. L'opposition s'agite, et le débat touche même l'Eglise catholique.

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Dans sa déclaration hier, le Parti Congolais du Travail appelait simplement au changement de la Constitution en vigueur. Ce matin, sur RFI, le porte-parole du PCT est venu préciser la signification de cet appel. « Changement de la Constitution, cela veut dire mise en place d'une nouvelle loi fondamentale », a déclaré Michel Odzocki.

« Il faut passer à quelque chose de beaucoup plus adapté à la réalité d’aujourd’hui, c'est-à-dire qu’il faut une nouvelle Constitution. Il ne s’agit pas de changer la nature de l’Etat, mais c’est de faire entrer le Congo, la gestion de l’Etat dans une autre ère, dans une nouvelle République et cela sera transmis à travers la nouvelle Constitution », a précisé Serge Michel Odzocki, porte-parole du PCT.

Le PCT justifie ce chantier constitutionnel par la nécessité de moderniser les institutions du pays. L'opposition est pour sa part persuadée que le président congolais cherche avant tout à créer les conditions d'une nouvelle candidature à la présidentielle de 2016. Denis Sassou Nguesso a en effet exercé le nombre maximum de mandats autorisés. Et l'article 185 de l'actuelle Constitution empêche le pouvoir de supprimer la limitation du nombre de mandats.

L'opposition n'en démord pas

Pascal Tsaty Mabiala, premier secrétaire de l'UPADS, le parti de Pascal Lissouba, dit voit clair dans le jeu « électoraliste » du président : « Quand il nous dit "cette Constitution n'est pas adaptée", c'est certain. Alors faisons le débat, mais sereinement. Mais pourquoi la précipitation, pourquoi avant l'élection présidentielle ? Si ce ne sont pas des intentions électoralistes ! On peut prendre le temps de préparer l'élection présidentielle. C'est ça qui est capital [...] Nous n'avons pas un corps électoral, il ne reflète pas la réalité de la démographie du Congo. Il faut reprendre la loi électorale avec une commission qui soit totalement indépendante. Il faut même aller au bulletin unique. Enfin, il faut civiliser la campagne. C'est ce chantier qu'il faut aujourd'hui faire. Tout autre chantier nous pourra illusoire, inopportun, nous n'y participerons pas. »

Même son de cloche pour Clément Miérassa, président du parti social démocrate congolais, qui demande à Sassou de « laisser à son successeur le soin de se préoccuper des questions de la modification ou du changement de la Constitution ».

Nous sommes à près de 600 jours de la fin du mandat du président Sassou. Qu'il sorte par la grande porte en 2016.

Clément Miérassa

Le débat envahit même l'Eglise catholique, sous « pression »

Mais il n'y pas que la classe politique qui est divisée. L'Eglise catholique l'est elle aussi. Début décembre, la conférence épiscopale s'apprêtait à publier un message appelant à ne pas toucher à la Constitution.

Réunis le 6 décembre dans le diocèse de Pointe-Noire, les évêques du Congo s'étaient mis d'accord : dans leur message de Noël, ils allaient clairement appeler la classe politique à ne pas changer la Constitution. Dans ce texte préparatoire, qui a fuité sur internet, ils insistaient surtout sur la sauvegarde de l'article 185, celui qui interdit toute révision constitutionnelle. « A quoi servirait un changement de la Constitution dans la division, sinon qu'à mettre en péril la paix sociale », écrivaient les prélats au nom du « devoir moral » de l'Eglise.

Mais ce message de Noël dont la publication était annoncée quelques jours plus tard ne sera finalement jamais diffusé officiellement. Peu à peu, sous la pression, l'unité des évêques s'est effritée.

« C'était bien notre texte », revendique pourtant un évêque avec amertume sans vouloir toutefois s'exprimer à notre micro. Deux des neuf évêques se sont rétractés, nous confie une source, alors que l'unanimité était nécessaire pour publier le message.

Cette source parle de « pression », notamment dans les diocèses d'où le président est originaire. Une réunion a finalement eu lieu mardi 23 décembre entre l'épiscopat et le chef de l'Etat. Et elle a été houleuse, nous dit encore cette source, Denis Sassou Nguesso reprochant à l'Eglise de vouloir prendre position sur une question d'ordre politique.

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