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Afrique du Sud

Les braconniers à l’affût des rhinocéros en Afrique du Sud

Chaque année, le nombre de rhinocéros tués augmente en Afrique du Sud.
Chaque année, le nombre de rhinocéros tués augmente en Afrique du Sud. AFP PHOTO / STEPHANE DE SAKUTIN
Texte par : RFI Suivre
3 mn

L’année 2014 s’est achevée sur un triste record en Afrique du Sud. La barre du millier de rhinocéros tués depuis le début de l'année a été franchie. Ainsi, plus de 1.020 animaux ont été abattus entre le 1er janvier et le 1er décembre 2014. Les braconniers s'intéressent à ce pachyderme pour sa corne, très prisée en Asie et particulièrement au Vietnam, où elle est utilisée dans la médecine traditionnelle. Il ne reste qu’environ 25.000 rhinocéros dans le monde. Et l’Afrique du Sud en abrite les trois quart.

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Avec notre correspondante à Johannesburg,

L’Afrique du Sud n’arrive plus à lutter contre le braconnage. Chaque année, le nombre de rhinocéros tués augmente. 13 animaux en 2007, 33 en 2008, 122 en 2009. En 2014, le nombre de 1.000 a été dépassé.

Selon Pelham Jones, président de l’association des Parcs privés, malgré les importants moyens mis en œuvre, le pays en train de perdre la bataille. « Nous utilisons des équipements militaires, des stratégies militaires, une technologie de pointe, pour essayer de repérer les braconniers avant qu’ils n’entrent dans un parc naturel [l’Afrique du Sud compte 37.000 kilomètres carrés de parcs nationaux, sans compter les parcs privés, ndlr], mais parce que nous ne savons pas où et quand les braconniers vont sévir, nous avons peu de succès. »

Des réseaux criminels bien organisés

De plus, les braconniers ont des réseaux criminels, bien organisés, bien armés et prêts à tout. Il faut dire que la corne de rhinocéros se vend environ 85.000 euros le kilo au marché noir. « C’est maintenant un produit qui a plus de valeur que la cocaïne ou que l’or. Alors les organisations criminelles se rendent compte qu’il y a un marché avec beaucoup d’argent à se faire. D’autant plus que le risque est relativement faible par rapport à ce que cela rapporte. Vous pouvez voler un produit qui a une valeur importante avec peu de risques de vous faire arrêter et encore moins de risques d’être condamné. Tout cela stimule la demande et pousse les criminels à cibler l’Afrique du Sud », explique Pelham Jones.

Autre explication pour Pelham Jones : « tout le monde sait qu’il n’y a plus qu’un nombre limité de rhinocéros et donc il y a un phénomène que nous appelons "parier sur l’extinction", c'est-à-dire que les criminels parient sur le fait que dans 10, 15 ans, il n’y aura plus du tout de rhinocéros et donc ils se disent, allons-y maintenant, essayons de tuer le plus de rhinocéros possible, comme ça, le jour où il n’y en a plus, nous possèderons la marchandise et nous pourrons faire grimper les prix encore plus ».

Le gouvernement cherche des solutions

Le gouvernement sud-africain a commencé à déplacer certains rhinocéros, notamment du parc Kruger, frontalier avec le Mozambique, vers d’autres parcs privés, plus petits et plus sécurisés.

Pretoria envisage également de légaliser la vente de corne de rhinocéros pour tenter de faire baisser les prix sur le marché noir. Son voisin, la Zambie, a même commencé à décorner ses rhinocéros pour éviter qu’ils ne soient victimes de braconnage.

Mais pour l’ONG Save the Rhino, 2015 risque d’être une année charnière où le nombre de rhinocéros tués pourrait dépasser le nombre de naissances.

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