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Niger

Violences religieuses au Niger: le président Issoufou dans le viseur

Un homme brandit une copie du Coran, le 17 janvier 2015 à Niamey tandis qu'un véhicule brûle derrière lui.
Un homme brandit une copie du Coran, le 17 janvier 2015 à Niamey tandis qu'un véhicule brûle derrière lui. REUTERS/Tagaza Djibo
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Montée d'un intégrisme islamiste, ou signe d'une grave crise politique au Niger ? Vendredi 16 janvier à Niamey, puis le lendemain à Zinder, des violences interreligieuses ont coûté la vie à au moins dix personnes. Des dizaines de lieux de culte chrétiens ont été pillés et incendiés au cri d'Allah Akbar. Beaucoup de questions restent sans réponse. Mais une certitude, ces violences ont été planifiées.

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Des hommes à moto, des jerricans d'essence, chaque église et centre évangéliste systématiquement saccagé aux quatre coins de Niamey. Pour la communauté chrétienne, ces actes ont été rigoureusement planifiés. Mais quatre jours plus tard, l'incrédulité reste totale : personne n'aurait pu imaginer une pareille déferlante anti-chrétienne au Niger, où les chrétiens représentent à peine 1% de la population, une communauté sans histoire totalement intégrée aux côtés de la majorité musulmane.

Les chrétiens ont-ils fait les frais d'un amalgame facile avec l'Occident ? C'est possible, reconnait un chercheur nigérien spécialiste de l'islam, qui pointe la montée d'une tendance radicale wahhabite antioccidentale au Niger. Le mode opératoire, estime ce chercheur, ressemble à celui de Boko Haram à ses débuts.

Mais pour nombre d'observateurs à Niamey, les chrétiens sont les victimes collatérales d'un tout autre enjeu beaucoup plus politique. La présence du président Issoufou à la manifestation républicaine de Paris le 11 janvier n'est en effet pas passée, surtout son « Je suis Charlie » lancé sur les ondes de RFI.

Tout en étant pour la liberté d'expression, nous réprouvons les caricatures qui insultent la foi des musulmans. (...) Je considère que la liberté d'expression ne saurait signifier la liberté d'insulter ce que les autres ont de plus cher.

Mahamadou Issoufou

Cette petite phrase a pris un tour de provocation insupportable pour une majorité des Nigériens, avec la parution trois jours plus tard des nouvelles caricatures du prophète dans Charlie Hebdo. Le président Issoufou a alors décidé de redresser la barre en désapprouvant publiquement le caractère blasphématoire de ces dessins de presse. Mais le mal était fait dans un pays traversé depuis des mois par des tensions politiques majeures.

L'opposition accuse le pouvoir de rouler pour la France et de sous-estimer son peuple. Le pouvoir accuse pour sa part, à mots couverts, l'opposition d'avoir soufflé sur les braises déjà brûlantes et d'avoir maintenu dimanche une manifestation au lendemain des violences antichrétiennes. Plusieurs responsables de l'opposition sont sous les verrous. Une partie de la presse dénonce des violations de la liberté d'expression. Le tout à moins d'un an de la présidentielle.

à écouter aussi l'imam Cheikh Boureima Abdou Daouda, invité Afrique du jour

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