Niger

Niger: les réseaux sociaux rétablis sans explication

Manifestation du 17 janvier à Niamey en réaction à la publication des caricatures de Charlie en France.
Manifestation du 17 janvier à Niamey en réaction à la publication des caricatures de Charlie en France. Reuters/路透社

Hier matin durant quelques heures, les réseaux sociaux ont été coupés au Niger. Facebook, twitter, SMS... plus rien ne fonctionnait. Les autorités nigériennes ont justifié une telle décision de censure jusqu'à samedi inclus pour éviter « de nouveaux débordements haineux », faisant référence aux attaques anti-chrétiens du week-end dernier. Mais en début d'après-midi la mesure était finalement suspendue.

Publicité

Hier matin le ministre de l'intérieur du Niger, Massaoudou Hassoumi, joint par RFI justifiait sa décision : « nous avons décidé de bloquer les réseaux sociaux pour encadrer la journée de prière vendredi ». Selon le ministre de l'intérieur vendredi et samedi dernier les appels à la haine anti-chrétiens et les appels aux manifestations violentes ont été relayés via les SMS.
Tous les médias de réseaux devaient être suspendus jusqu'à ce samedi inclus.

Pourtant dès la mi-journée hier, changement de stratégie. Sans explications, l'ordre est donné aux opérateurs de rouvrir les vannes aux réseaux sociaux. Pour beaucoup à Niamey, cette fermeture des réseaux était vécue comme une nouvelle illustration de la part du pouvoir de limiter la liberté d'expression. Pour Boubacar Diallo, journaliste et ancien président de la Maison de la presse de Niamey, les autorités de Niamey se trompent de stratégie. « Cette jeunesse utilise beaucoup les SMS et les médias sociaux, explique t-il à RFI. Le pouvoir risque donc d’avoir cette jeunesse contre lui : ses méthodes de censure musclées ne feront qu’empirer les choses ! La tension est déjà assez vive au Niger et ça risque de dégénérer si on n’y prend pas garde ».

Mardi soir déjà, une dizaine de radios et télévisions privées ont simultanément suspendu leurs émissions pendant 5 minutes pour protester contre les violences policières exercées contre des journalistes en marge des manifestations le week-end dernier.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail