Afrique du Sud

Afrique du Sud: la loi sur la propriété provoque un débat houleux

Des ouvriers sud-africains déterrent des patates douces, à Brits, près de Pretoria, en 2009.
Des ouvriers sud-africains déterrent des patates douces, à Brits, près de Pretoria, en 2009. AFP/François-Xavier Marit

En Afrique du Sud, la journée de mercredi a été mouvementée au Parlement, où la crise énergétique et la propriété de la terre ont été l’objet de vifs débats. La semaine dernière, lors de son discours à la nation, le président de la République Jacob Zuma a annoncé que les étrangers ne pourraient plus posséder de la terre et ne seront autorisés qu'à louer pour une période allant jusqu'à 50 ans.

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La terre, encore et toujours un sujet de polémique. Dans un pays où la majorité des terres agricoles est exploitée par des fermiers blancs et où le programme de redistribution des terres mis en place par le gouvernement n'a pas été un franc succès, le sujet revient régulièrement.

Pour Bheki Cele, ministre adjoint de l'Agriculture, l'accès à la terre doit être protégé : « La terre n'est pas une ressource illimitée. La terre fertile, la terre agricole, ainsi que la terre pour pâturages, doivent être protégées. Le président a donc appelé à ce que la terre soit défendue contre des propriétaires étrangers. Il ne s'agit pas d'une pratique unique. De nombreux pays dans le monde appliquent une telle politique. »

Mais pour l'opposition, cette loi sur la propriété de la terre va faire fuir les investisseurs étrangers et ne va pas résoudre le problème d'accès à la terre. Pour le député Pieter Mulder, du parti afrikaner Front de la liberté, l'annonce du président Zuma relève du populisme : « Vous dites : " Les étrangers achètent toute la terre, c'est pour cela que les prix sont si élevés. Virez les étrangers ! " Les chiffres montrent que les étrangers ne possèdent qu'environ 2% de la terre. »

Et Pieter Mulder d'enfoncer le clou : « Les investissements, les créations d'emplois, les taxes auxquels contribuent ces sociétés sont bien plus élevées. La même chose peut être dite des Somaliens. Les scènes de commerces somaliens pillés à Soweto sont choquantes. Bien sûr qu'il s'agit de xénophobie. » Avant d'ajouter que ce projet foncier fait également l'amalgame entre Sud-Africains blancs et étrangers.

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