Liberia

Ebola: au Liberia, la levée du couvre-feu accueillie avec soulagement

Des soldats libériens à la frontière.
Des soldats libériens à la frontière. HEALTH-EBOLA/LIBERIA/ REUTERS/Sabrina Karim/Files

Au Liberia, la présidente Ellen Johnson Sirleaf a annoncé vendredi soir que le couvre-feu instauré en août dernier serait levé à partir de ce dimanche, et que les frontières seraient rouvertes, à une date non précisée. Des mesures qui avaient été prises à cause de l'épidémie d'Ebola.

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Les annonces de la présidente ont été accueillies avec soulagement par la population, en particulier à Bo Waterside, ville frontalière de la Sierra Leone, où les conséquences de ces restrictions ont pesé sur les habitants. Beaucoup de commerçants avaient par exemple fermé boutique. Le jeune Machlin Fahnbulleh est heureux de pouvoir enfin reprendre ses activités habituelles :

« Je suis heureux, les échanges transfrontaliers représentent jusqu'à 75 % de nos activités commerciales. La fermeture des frontières a bouleversé notre économie, a rendu notre quotidien très difficile, a fait beaucoup grimper le coût de la vie, explique-t-il.Le couvre-feu aussi a bouleversé nos vies parce qu'il nous empêche de nous déplacer librement. Avant, on allait dans des localités voisines pour des matches de football, des kermesses, des événements qui se déroulent parfois jusqu'au lendemain. Le couvre-feu a banni ce type d'activités. Donc je suis heureux de la levée du couvre-feu. »

Un soulagement auquel se mêle une pointe d’inquiétude concernant la réouverture prochaine des frontières. « Pour ce qui est de la réouverture des frontières, indique le jeune homme, je voudrais savoir quelle sera l'implication du personnel médical. Je voudrais que le gouvernement fasse en sorte que chaque point de contrôle soit bien doté de professionnels de santé avec des thermomètres et tout le matériel nécessaire pour tester efficacement les voyageurs. »

Réouverture des frontières et renforcement des contrôles médicaux

Un avis que partage le lieutenant Charles Brooks, commandant du service d'immigration à la frontière et responsable des forces conjointes de sécurité de Bo Waterside. Pour que la réouverture prochaine des frontières se passe bien, il faut se préparer. Il s'attend à un afflux massif, ce qui nécessite selon lui un vrai renforcement des contrôles médicaux, de part et d'autre de la frontière :

« Beaucoup de gens vont vouloir entrer sur notre territoire, alors bien sûr nous nous attendons à avoir plus de travail, car les entrées seront bien plus restreintes qu'à la normale, souligne-t-il. Nous allons avoir besoin qu'une équipe médicale de pointe soit présente à la frontière pour compléter le travail des forces de sécurité. La réouverture des frontières ne me fait pas peur, il est important qu'elles soient rouvertes pour soulager les populations, mais je reste préoccupé à cause du virus. C'est pourquoi, si la frontière doit être rouverte, nous demandons que de chaque côté les équipes médicales travaillent vraiment au meilleur de leurs capacités pour éviter une nouvelle propagation ou résurgence de la maladie. »

Mais le lieutenant Charles Brooks se veut optimiste : « Nous collaborons déjà avec la Sierra Leone, rappelle-t-il. Ils ont des équipes médicales de leur côté. Nous avons aussi une équipe, mais pas en permanence. Je suis sûr que nos dirigeants vont aller plus loin et faire en sorte que notre équipe sur place soit renforcée par des personnels de santé supplémentaires, plus de moyens et de meilleurs équipements. L'ensemble du dispositif n'est pas encore en place, mais le ministre de la Santé est sur la même ligne que nous et sait parfaitement ce qu'il faut faire. »

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