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Côte d’Ivoire / Justice

Devant la cour, Simone Gbagbo dit ignorer ce qu’on lui reproche

Simone Gbagbo à son arrivée à la cour d'assises d'Abidjan, lundi 23 février 2015.
Simone Gbagbo à son arrivée à la cour d'assises d'Abidjan, lundi 23 février 2015. AFP/ISSOUF SANOGO
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Un peu moins de deux mois après le début du procès, c’était au tour, ce lundi 23 février, de Simone Gbagbo de comparaître devant la cour d’assises. La femme de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, doit répondre comme ses 82 co-accusés d' « atteinte à la sûreté de l’Etat ». Des crimes commis pendant la crise post-électorale de 2010-2011 qui a fait au moins 3 000 morts dans le pays.

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L'audience a débuté avec près de deux heures de retard. Compte tenu de la personnalité de l'accusée, il a fallu prendre certaines mesures de sécurité. Qui plus est, dans la salle des pas perdus, on a assisté au tout début de la matinée à des scènes d'esclandre entre Ivoiriens partisans et hostiles à Simone Gbagbo, les premiers réclamant que justice soit faite à l'encontre du régime de Laurent Gbagbo, les seconds demandant à ce que justice soit rendue à l'encontre des partisans du clan d'Alassane Ouattara. Tout le monde a finalement été évacué avant que l'ex-première dame ne fasse son entrée dans la salle d'audience.

Simone Gbagbo est apparue tout sourire, vers 11 heures, vêtue d’une robe beige et bleu turquoise, main dans la main avec l’un de ses avocats, Me Rodrigue Dadjé. Elle a pris le temps de saluer certains de ses amis venus la soutenir dans la salle d’audience, comme Alphonse Douati, ex-ministre de son époux Laurent Gbagbo, Richard Dakoury-Tabley, l’ex-gouverneur de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest. Egalement dans son sillage, on a aperçu Michel Gbagbo, le fils de Laurent Gbagbo.

Comme elle l'avait promis à la presse, Simone Gbagbo s'est exprimée « à satiété ». Dans ses premières déclarations publiques depuis son arrestation en avril 2011, l'ex-première dame a affirmé, devant la cour d'assises d'Abidjan, ignorer ce qu'on lui reprochait. « A l'heure où je vous parle, je ne sais pas exactement quels sont les actes matériels qu'on me reproche », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter que « Laurent Gbagbo est le vainqueur de la présidentielle de 2010 ».

Pendant quasiment une heure, de manière ininterrompue, elle a ainsi retracé son analyse propre des événements. Simone Gbagbo en a profité pour dire tout le mal qu'elle pensait du représentant des Nations unies, qu'elle accuse d'avoir outrepassé ses fonctions, et de Nicolas Sarkozy et des forces françaises dont elle a dénoncé « l'ingérence » dans la crise post-électorale ivoirienne. Accusant l'armée française d'avoir « bombarbé la résidence présidentielle pendant une dizaine de jours alors qu'aucune résolution de l'ONU ne lui donnait ce pouvoir », Simone Gbagbo a lâché : « C'est à croire que l'objectif était l'élimination physique du président élu Laurent Gbagbo ».

Perdant un peu parfois patience face à l'inanité de certaines questions de l'accusation, l'ex-première dame a demandé à plusieurs reprises à être interrogée, et donc jugée, sur des faits précis et concrets, et non pas sur des allégations ou bien des propos rapportés dans les journaux. « On n'est pas ici pour justifier de ce que je pense, mais sur des faits précis », a-t-elle déclaré. Il est vrai que la vacuité des questions posées jusqu'ici par l'accusation laisse un peu perplexe pour un procès en assises.

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