Brésil

Corruption au Brésil: Rousseff forcée à agir

Dilma Rousseff arrive au palais du Planalto pour présenter son paquet de mesures anti-corruption, le 18 mars 2015.
Dilma Rousseff arrive au palais du Planalto pour présenter son paquet de mesures anti-corruption, le 18 mars 2015. REUTERS/Ueslei Marcelino

Trois jours après les manifestations appelant à la démission de la présidente Dilma Rousseff, qui est au plus bas dans les sondages, le gouvernement a présenté mercredi 18 septembre une série de mesures pour lutter contre la corruption. Des mesures destinées à calmer la grogne après les scandales de corruption du géant Petrobras qui éclaboussent la classe politique au pouvoir.

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Le gouvernement a annoncé sept mesures anti-corruption. Il s’agira de criminaliser la double comptabilité en période électorale, de poursuivre ceux qui ne peuvent justifier de leur fortune personnelle et de vendre leurs biens aux enchères, d'exiger un casier judiciaire vierge de tout candidat à un poste de responsabilité dans la fonction publique, de poursuivre pénalement ceux qui s’enrichissent personnellement, d'instaurer un code de conduite au sein des entreprises. La présidente Dilma Rousseff a signé les projets de loi et s’est engagée publiquement :

« Les mesures que nous avons annoncées sont toutes des initiatives concrètes. Elles ne prétendent pas épuiser le sujet mais elles montrent que nous sommes sur le bon chemin. Nous sommes un gouvernement qui ne transige pas sur la corruption. Nous avons ce compromis et cette obligation de lutter contre l’impunité qui alimente la corruption. »

Acculée après d'incessants rebondissements dans le scandale Petrobras, Dilma Rousseff devait agir. Sa popularité n’a cessé de dégringoler depuis sa réélection de justesse en octobre dernier, pour n’atteindre que 13% d’opinions favorables. C’est ce que révèle un sondage de l’institut Datafolha publié ce mercredi. Son plan de rigueur budgétaire passe mal alors que des politiques hauts placés du Parti des Travailleurs au pouvoir et de son allié le PMDB sont accusés de corruption pour des montants vertigineux. Jusqu’à présent, 49 personnes sont poursuivies par la justice dont 13 sénateurs et douze députés, et l’enquête n’est pas terminée. L'opposition réclame une enquête sur Dilma Rousseff car, dit-elle, « elle ne pouvait pas ne pas savoir ».

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