RDC

RDC: motion pour la libération des militants pro-démocratie congolais

Aubin Minaku, président de l'Assemblée nationale de la République démocratique du Congo.
Aubin Minaku, président de l'Assemblée nationale de la République démocratique du Congo. AFP PHOTO/Junior D.Kannah
Texte par : RFI Suivre
5 mn

En RDC, les initiatives se multiplient pour obtenir la libération d'une dizaine de militants pro-démocratie détenus depuis une semaine. Lundi 23 mars, l'avocat de certains de ces militants, Sylvain Lumu, a déposé plainte contre X pour « arrestation arbitraire » de ses clients, sachant qu'aucun d'entre eux n'a encore été présenté au parquet. Par ailleurs, le père de l'un des organisateur de la rencontre avec les militants sénégalais et burkinabé et député a déposé une motion devant l'Assemblée nationale pour demander la libération immédiate de ces jeunes tout comme la révocation du chef des services de renseignement qui détiendrait les militants.

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C'est avec une double casquette que Gilbert Kiakwama a choisi de déposer une motion devant l'Assemblée nationale lundi 23 janvier. Celle d'un père inquiet  pour son fils dont il dit ne plus avoir de nouvelles depuis plusieurs jours et victime d'une perquisition arbitraire selon lui, mais aussi avec la casquette du député parlant au nom de tous les autres. Car, pour le président du groupe parlementaire des chrétiens démocrates, les autorités commettent une erreur en maintenant ces militants pro-démocratie derrière les barreaux : « Les services de renseignements se sont fourvoyés, qu'ils arrêtent : où allons nous ? C’est ça l’Etat de droit qu’on est en train de faire ? C’est inacceptable. Qu’on les libère immédiatement. Ils n’ont commis aucun délit. Parler de son pays, se réunir, la liberté d’expression, c’est un droit constitutionnel. On ne peut pas continuer comme ça. On ne peut pas créer une telle tension pour aller aux élections. C’est inacceptable ».

Retransmission coupée en direct

Inacceptable aussi visiblement pour la télévision et la radio publique congolaise, la RTNC, qui dès que le mot « injustice » a été prononcé par le député, a coupé la retransmission en direct de cette motion. Du côté de la majorité présidentielle, une certaine gêne était perceptible. Didas Pembe, député et président du parti écologiste congolais : « C’est la justice qui doit se prononcer. Et moi en tant que député, je ne fais que de l’observation participante active. Donc je laisse la justice et je ne tiens vraiment pas à m’immiscer là-dedans ». Reste que le président de l'Assemblée nationale, Aubin Minaku, a promis qu'une mission d'information serait mise en place dès ce mardi 24 mars pour faire la lumière sur cette affaire : vérifier ce qu'on reproche à ces militants et où ils sont détenus.

Nos jeunes ne sont pas informés. Voilà que d’autres jeunes s’organisent dans tout le pays pour informer nos enfants et on les arrête arbitrairement. Voilà pourquoi je dis, quand on arrête les gens, dans les 48 heures on doit les présenter à la justice. J’ai fait une motion pour que ça soit clair.

Gilbert Kiakwama, député de la Convention des démocrates chrétiens (CDC)

Disparition d'un membre de Lucha

Un autre militant est porté disparu depuis samedi. Il s'agit de Serge Sivya, étudiant en médecine et membre de l'organisation la Lutte pour le changement (Lucha) à Goma. Une organisation très engagée depuis une semaine pour obtenir la libération de la dizaine de militants pro-démocratie toujours détenus à Kinshasa, dont l'un de ses membres.

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