Burundi

Burundi: vers la fin de la pénurie d’essence

Rue de Bujumbura, capitale du Burundi.
Rue de Bujumbura, capitale du Burundi. Esdras Ndikumana / AFP

Le Burundi était paralysé par une très sévère pénurie d’essence depuis plus de deux semaines, le Collectif contre la vie chère, qui regroupe plus de 1 300 organisations et syndicats, avait appelé à une grande manifestation, ce vendredi. Et contrairement à ce qui s’était passé le 5 mars lorsque ce collectif avait appelé à une grève générale dans tout le pays, cette fois le gouvernement a pris au sérieux l’avertissement et a tout mis en œuvre pour trouver des solutions.

Publicité

Le pouvoir burundais a voulu éviter l’erreur commise début mars : il s’est donc empressé de négocier avec les quatre grandes sociétés importatrices de pétrole au Burundi. Et c’est tard dans la nuit de mercredi à jeudi que la ministre du Commerce, Marie-Rose Nizigiyimana, a annoncé la grande nouvelle sur la radio officielle : « Le gouvernement rassure les Burundais qu’il vient de convenir avec les hommes d’affaires, qu’ils vont approvisionner les stations dès jeudi ».

Qu’a promis la présidence burundaise aux toutes puissantes sociétés pétrolières ? Personne ne le sait exactement, mais dès jeudi matin, ces compagnies ont commencé à desserrer leurs étaux sur le pays. Certaines stations se sont mises à distribuer normalement du carburant introuvable encore la veille. Et le pouvoir n’en est pas resté là.

La présidence burundaise, qui avait jusqu’ici réservé une fin de non-recevoir aux exigences du Collectif contre la vie chère, a renoué le dialogue avec ses leaders jeudi matin. Après plusieurs de négociations, les deux partis ont annoncé tard dans la nuit que la manifestation, prévue ce vendredi matin tout près de la présidence, était suspendue.

Officiellement, le Collectif contre la vie chère au Burundi n’a pas encore obtenu satisfaction sur ces principales revendications, mais un vent nouveau semble souffler aujourd’hui. Ce dont se félicite Gabriël Rufyiri, l’un des principaux leaders de ce mouvement : « Ce qui avait manqué c’était le dialogue. Comme le dialogue commence, nous voulons manifester notre bonne foi ».

Mais en réalité, le pouvoir burundais devrait lâcher du lest avant la fin avril, histoire sans doute de sauver la face.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail