Burkina Faso

Crash du vol Air Algérie: la responsabilité de l’équipage en question

Un soldat français sur le site du crash du vol AH5017, le 26 juillet 2014, dans la région de Gossi, à l'ouest de Gao.
Un soldat français sur le site du crash du vol AH5017, le 26 juillet 2014, dans la région de Gossi, à l'ouest de Gao. AFP PHOTO/ SIA KAMBOU

Le crash du vol AH 5017 d’Air Algérie, l'avion qui s’est écrasé le 24 juillet dernier au Mali, faisant 116 victimes, pourrait avoir été causé par une erreur de l’équipage, qui pourrait ne pas avoir avoir enclenché le système de protection antigivre. Une piste avancée par le Bureau d'enquêtes et d’analyses de l’aviation civile française dans un rapport d’étape. Le rapport final est attendu pour décembre.

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Le 24 juillet dernier, un vol Air Algérie assurant la liaison Ougadougou-Alger s’est écrasé dans le nord du Mali, avec 116 personnes à son bord, dont 54 Français. Une enquête avait été rapidement ouverte, à laquelle avaient été associés, dès le 26 juillet, les enquêteurs du Bureau d’enquête et d’analyses (BEA) de l’aviation civile française. Dans des conclusions encore partielles, livrées dans un rapport d’étape de ses travaux rendu public cette semaine, le BEA pointe que les systèmes de protection des capteurs de pression contre le givre n’auraient pas été enclenchés, provoquant des dysfonctionnements qui ont mené au crash.

Selon les conclusions du BEA, l’avion, un McDonnell Douglas MD-83 vieux de 18 ans,
volait à une altitude de 31 000 pieds (environ 9 500 mètres) lorsque « la valeur de l’EPR, paramètre principal de conduite des moteurs, est devenue erronée sur le moteur droit puis environ 55 secondes plus tard sur le moteur gauche ». Des dysfonctionnements qui sont « vraisemblablement le résultat du givrage des capteurs de pression situés sur le cône de nez des moteurs ». Et le BEA de pointer le fait que « l'analyse des données disponibles indique que l'équipage n'a vraisemblablement pas activé ces systèmes au cours de la montée et de la croisière ».

Quelle a été la réaction de l'équipage ?

Le pilote automatique, enclenché alors, a baissé le régime des moteurs en se fiant à ces indications erronées, provoquant le décrochage de l’avion. Vingt secondes plus tard après le décrochage, le pilote automatique a été déconnecté et « l'avion part brusquement en roulis à gauche jusqu'à atteindre 140 degrés d'inclinaison et à piquer jusqu'à 80 degrés ». Les enquêteurs du BEA doivent encore déterminer quelle a été la réaction de l’équipage après ce décrochage de l’avion, mais précise que « les paramètres enregistrés indiquent qu'il n'y a pas eu de manœuvre de récupération du décrochage réalisée ».

Le BEA évoque « au moins deux événements similaires » liés à un givrage de capteurs sur des appareils McDonnel Douglas, en juin 2012 et 2014. Mais ces événements n'avaient alors pas eu de conséquences graves : l'équipage les avaient détectés et avaient eu la bonne réaction à temps. Le Bureau d'enquêtes et d'analyses estime ainsi que dans tous les cas, ces éléments « devront servir de base à la publication prochaine de mesures correctrices visant à aider les équipages à identifier et faire face à une situation similaire à celle rencontrée lors de cet accident ».

L’épave de l’avion d’Air Algérie a été retrouvée dans le nord du Mali, près de la frontière avec le Burkina Faso
L’épave de l’avion d’Air Algérie a été retrouvée dans le nord du Mali, près de la frontière avec le Burkina Faso

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