Burundi

Burundi: l’opposition appelle à manifester contre le 3e mandat

Le président Pierre Nkurunziza est soupçonné de convoiter un troisième mandat.
Le président Pierre Nkurunziza est soupçonné de convoiter un troisième mandat. AFP PHOTO / FRANCOIS GUILLOT

Au Burundi, le bras de fer est désormais engagé entre le président Pierre Nkurunziza qui semble décidé à briguer un troisième mandat présidentiel en juin, et son opposition, très déterminée à lui faire barrage. Cette dernière se targue d’avoir le soutien de la communauté internationale qui appelle le pouvoir à respecter la Constitution et l’accord de paix d’Arusha, qui limitent les candidats à deux mandats. Depuis mardi 14 avril, l’opposition veut passer aux actes en appelant les Burundais à la résistance.

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Après des mois de joute verbale entre les opposants au troisième mandat du président burundais Pierre Nkurunziza et ses soutiens, l’heure de vérité semble avoir sonné. Mardi, quatre partis d’opposition - le Frodebu, le Frodebu Nyakuri, le MSD, l’UPD - et les frondeurs du parti présidentiel CNDD-FDD ont appelé les Burundais à manifester dans les rues de Bujumbura, jusqu’à ce qu’ils aient contraint Nkurunziza à renoncer à se représenter une nouvelle fois.

« J’appelle tous les Burundais et toutes les Burundaises, à venir tous, démontrer leur refus au piétinement de la Constitution et de l’accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation », a déclaré Jean Minani, le président du parti Frodebu Nyakuri. En réalité, l’opposition se devait de réagir après la démonstration de force, samedi dernier, du parti CNDD-FDD au pouvoir. Celui-ci projette d’organiser son congrès tant attendu samedi prochain, au cours duquel il devrait adouber Pierre Nkurunziza comme son candidat.

L’opposition est prévenue et sera attendue de pied ferme ce matin-là. « Il y a une loi. S’ils osent la violer, c’est la révolte, ce sont les insurrections. Je pense que les institutions qui sont en charge de ramener l’ordre public vont faire leur travail », affirme le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Térence Ntahiraja.

Signe que le pouvoir ne badine pas avec cette question, deux étudiants de l’Université du Burundi accusés d’avoir lancé des slogans anti-troisième mandat ont été arrêtés dimanche. Ils ont été transférés à la prison centrale de Bujumbura mardi pour outrage à chef d’Etat.

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