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Sénégal / Droits de l’enfant

Sénégal: HRW dénonce l’exploitation des enfants des écoles coraniques

Manifestation contre l’exploitation des enfants pour la mendicité, à Dakar, Sénégal, le 3 mars 2015.
Manifestation contre l’exploitation des enfants pour la mendicité, à Dakar, Sénégal, le 3 mars 2015. AFP/SEYLLOU
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Il y a dix ans, le Sénégal votait une loi interdisant la mendicité forcée des enfants. Une décennie plus tard, le phénomène persiste et des enfants passent leurs journées dans les rues à mendier pour rapporter les 500 francs CFA demandés par leurs maîtres coraniques aux yeux de tous. La loi n'est pas appliquée, selon un rapport publié ce lundi 20 avril par Human Rights Watch et la Plateforme pour la promotion et la protection des droits de l'homme (PPDH).

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Avec notre correspondante à Dakar,  Carine Frenk

Selon une enquête gouvernementale, dans la seule région de Dakar, plus de 30 000 talibés, 30 000 élèves d’écoles coraniques, sont contraints de mendier chaque jour. Pour Human Rights Watch, les autorités ont failli à leurs responsabilités.

« Il y a très peu de cas qui ont été inquiétés ou bien jugés. Mais la police, les procureurs, sont mandatés pour protéger les enfants et pour appliquer les lois. Et les enfants qui sont en train d’être abusés, ce n’est pas caché. Donc, nous demandons plus d’enquêtes. On veut plus de poursuites contre les maîtres coraniques qui sont en train d’abuser les enfants », estime Corinne Dufka, directrice de recherche sur l'Afrique de l'Ouest à HRW.

Cette façon de traiter les enfants, c’est de l’esclavage pour Mamdou Wane, coordonnateur de la Plateforme pour la promotion et la protection des droits de l'homme (PPDH). Il n’y a pas d’excuses à ne pas appliquer la loi : « Peut-être qu’il y a des calculs, à mon avis politiciens. Ils pensent que s’ils s’attaquent à ça, ils risquent de perdre un certain électorat. Voilà, nous, comment on réfléchit. Mais aujourd’hui ce que nous disons tout simplement, même s’il faut perdre l’électorat, au moins qu’on le perde avec des principes, mais qu’on n’ait pas peur d’affronter aujourd’hui ceux qui se servent de ces enfants pour les exploiter ou pour les mettre dans des conditions inhumaines. »

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