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Burundi

Burundi: un sentiment de peur règne à Bujumbura

Des manifestants ont commencé à ériger de nouvelles barricades à Bujumbura. Les policiers menacent de les considerer comme des putschistes, le 15 mai.
Des manifestants ont commencé à ériger de nouvelles barricades à Bujumbura. Les policiers menacent de les considerer comme des putschistes, le 15 mai. Sonia Rolley/RFI
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le climat reste très tendu ce samedi 16 mai à Bujumbura. La capitale burundaise vit au rythme des rumeurs et des informations difficilement vérifiables. Ces rumeurs entretiennent un sentiment de peur dans la capitale, au lendemain de l’échec annoncé du coup d’Etat contre Pierre Nkurunziza qui entend briguer un troisième mandat après dix ans de pouvoir.

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L’inquiétude domine dans les quartiers de Bujumbura, même si la contestation se poursuit. Il n’y a pas de gros rassemblements comme ceux du début de semaine, mais on assiste à un acharnement à rétablir les barricades, que la police et l’armée enlèvent systématiquement. Dans le quartier universitaire de Nyakabiga, alors que militaires et policiers patrouillent, ils étaient ainsi plusieurs dizaines à défiler.

Par ailleurs, les principaux sujets de conversation tournent autour du président et des putschistes. Le président Nkurunziza est-il réellement arrivé à Bujumbura ? La radio nationale l’affirme, mais « on n’a pas vu d’images de lui dans la capitale », insistent les habitants qui invitent donc les médias étrangers à vérifier.

Méfiance également, cette fois-ci, à l’égard des putschistes. A la télévision nationale, vendredi soir, le général Cyrille Ndayirukiye, l’un des généraux arrêtés, a été amené à se confesser publiquement. Il était « sous la contrainte d’une arme », affirme son avocat. Cependant, pour la population, ce militaire d’expérience et ancien ministre de la Défense, n’aurait pas pu rater ce coup d’Etat. Aussi, « ils étaient de mèche avec les autorités pour casser les manifestants », affirment les habitants de ce quartier.

Une population qui se dit inquiète au-delà même des quartiers de la contestation. Les gens sont à la recherche d’informations « comme si leur vie en dépendait », disent-ils. Depuis quelques jours, seule la radio nationale émet, alors que les radios privées les plus écoutées du pays ont toutes été attaquées par des hommes en uniforme de police.

Cette inquiétude est partagée par les humanitaires. Ce samedi matin, des convois banalisés ont quitté la ville pour aller rejoindre les pays voisins. L’ambassade américaine a décidé d’évacuer son personnel non essentiel. S’il n’y a plus d’affrontements, la tension demeure.

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