Burkina Faso

Burkina Faso: mort de Salifou Nebié, un an après l’enquête piétine

Rassemblement à Ouagadougou contre le projet de modification de la Constitution burkinabè, en juin 2014, peu de temps après la mort suspecte du juge Nebié.
Rassemblement à Ouagadougou contre le projet de modification de la Constitution burkinabè, en juin 2014, peu de temps après la mort suspecte du juge Nebié. AFP PHOTO/AHMED OUOBA
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au Burkina Faso, un an après l'assassinat du juge Salifou Nebié, membre du Conseil constitutionnel, l'enquête piétine et ses collègues s'inquiètent des suites de l'affaire. Deux rapports d’autopsie contradictoire laissent planer le doute sur les causes de la mort du magistrat.

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Le corps du magistrat avait été retrouvé dans la nuit du 24 mai 2014 sur une route non loin de Ouagadougou. Une mort qui était intervenue au moment où le pouvoir tenait à modifier l'article 37 de la Constitution pour ouvrir la voie à une candidature de Blaise Compaoré.

Un premier rapport d'autopsie produit par un médecin burkinabé affirmait qu'il s'agissait d'un homicide. Un autre médecin légiste, français concluait que le juge constitutionnel était décédé « des suites d'un accident de la circulation ». Un an après les conclusions contradictoires de deux rapports d'expertise sur les causes de la mort du juge constitutionnel Salifou Nebié, les magistrats réunis au sein du syndicat autonome des magistrats burkinabés (Samab) s'inquiètent sur les suites de l'enquête.

Antoine Kaboré, secrétaire général du Samab : « Nous constatons que le dossier n’avance pas. Nous constatons que le traitement du dossier n’est pas ce que nous souhaitons parce que depuis l’insurrection, il y a un certain nombre de dossiers pour lesquels on met l’accent, malheureusement le dossier Nebié on a l’impression n’en fait pas partie. »

Quelques heures après la sortie du syndicat des magistrats, le procureur du Faso organise une conférence de presse dans son bureau. En compagnie du procureur général, Désiré Sawadogo revient sur la procédure en cours et les résultats de l'autopsie pratiquée par un expert français : « Le rapport de ce médecin légiste conclu en ces termes "la mort est consécutive à un accident de la circulation avec percussion violente par un engin indéterminé". Nous n’avons pas d’inculpé pour le moment. »

Un collectif regroupant des organisations de la société civile donne de son côté de la voix pour que lumière soit faite sur cette affaire.

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