Côte d'Ivoire/France

Taubira en Côte d'Ivoire: les dossiers Di Rippel et Kieffer sur la table?

La ministre française de la Justice a été reçue par le président Ouattara à Adijan et participe à plusieurs réunions, régionales et bilatérales avec ses homologues.
La ministre française de la Justice a été reçue par le président Ouattara à Adijan et participe à plusieurs réunions, régionales et bilatérales avec ses homologues. AFP/Issouf Sanogo
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Christiane Taubira est en visite en Côte d’Ivoire pour trois jours avec, au menu, la coopération technique judiciaire entre les deux pays. Hier mercredi, elle a notamment rencontré le président Ouatarra et participe ce jeudi à une réunion avec des ministres de la Justice d'autres pays d'Afrique de l'Ouest pour évoquer la lutte contre le terrorisme et la coopération judiciaire. Qu'en est-il des dossiers judiciaires franco-ivoiriens, comme l'affaire Di Rippel ou le cas Guy-André Kieffer? Si le premier semble en bonne voie, le second est toujours au point mort.

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Condition des prisonniers, protection judiciaire de la jeunesse au menu de la séance de travail avec son homologue ivoirien Gnénéma Coulibaly. rencontre avec le président Alassane Ouatarra, participation au conseil des ministre de l'organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires à Yamoussoukro : la première journée de Christiane Taubira a été bien remplie.

Au sein de la délégation française, le bâtonnier du Barreau de Paris, Pierre-Olivier Sur, également avocat de la famille Di Rippel du nom de ce Français, directeur d'hôtel enlevé et assassiné à Abidjan en 2011 avec trois autres personnes, profite du voyage pour faire le point avec les autorités judiciaires locales. « L'instruction est quasiment achevée. Le procureur et le doyen des juges d'instructions d'Abidjan m'ont assuré que l'affaire serait jugée en 2015 » explique maître Sur.

Le dossier Kieffer en souffrance

En revanche concernant l'autre affaire emblématique, le dossier Guy-André Kieffer, la famille du journaliste - disparu en 2004 - déplore de ne pas avoir été mise au courant du déplacement en Côte d'Ivoire de Christiane Taubira. « Nous aurions eu des choses à lui demander, regrette Bernard Kieffer, le frère du disparu. Je lui aurais demandé qu’elle intervienne auprès des autorités pour que les protagonistes de l'affaire, comme Seka Seka [aide de camp de Simone Gbagbo NDLR] ou Simone Gbagbo, qui font face à la justice, soient interrogés sur ce qu'ils savent de cette affaire ».

Bernard Kieffer qui regrette le manque d'accompagnement politique sur ce dossier. « Je trouve qu’il ne se passe pas grand-chose, explique à RFI le frère du disparu. Et je suis obligé de constater que depuis 2011, l’arrivée au pouvoir du nouveau régime, l’instruction judiciaire n’a pas beaucoup progressé en Côte d’Ivoire. Donc je dirais qu’au-delà des déclarations d’intention il ne se passe pas grand-chose. On s’emploie à faire en sorte qu’il n’y ait pas prescription, en sollicitant régulièrement des actes d’instruction, donc ça empêche la prescription. Ce que je crains plutôt c’est l’enlisement, voire l’enfouissement même. Cette affaire souffre depuis le début d’un manque d’accompagnement politique fort, que ce soit côté français ou ivoirin. Côté français on n’a jamais senti d’accompagnement qui aurait conduit à mettre une pression insistante sur les autorités ivoiriennes dans cette affaire. Chaque fois qu’on laisse passer les opportunités comme ça, chaque fois qu’un ministre important se rend en Côte d’Ivoire sans évoquer l’affaire ou sans mettre la pression sur les autorités ivoiriennes, on manque à ce nécessaire accompagnement politique dont on a besoin et qu’on réclame à corps et à cris depuis le début de cette affaire ».

Guy-André Kieffer a disparu le 16 avril 2004 à Abidjan.
Guy-André Kieffer a disparu le 16 avril 2004 à Abidjan. AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

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