Rwanda/Burundi

Tensions autour de rumeurs de rebelles burundais entraînés au Rwanda

Les points de friction se multiplient depuis plusieurs mois entre les présidents Paul Kagame (premier plan) du Rwanda et Pierre Nkurunziza (arrière-plan) du Burundi.
Les points de friction se multiplient depuis plusieurs mois entre les présidents Paul Kagame (premier plan) du Rwanda et Pierre Nkurunziza (arrière-plan) du Burundi. AFP PHOTO/JOSE CENDON
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La tension ne cesse de monter entre le Burundi, pays en crise depuis l’annonce officielle de la candidature du président Pierre Nkurunziza pour un 3e mandat consécutif mais qui s’apprête à organiser des élections législatives et communales le 29 juin, et son voisin rwandais. Et même si officiellement, les relations sont au beau fixe, les points de friction se sont multipliés depuis plusieurs mois.

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Cette fois, ce sont des rumeurs persistantes qui font état de l’existence de camps d’entraînements de rebelles burundais au Rwanda voisin qui causent problèmes. Et depuis hier, le 19 juin, c’est le parti au pouvoir au Burundi qui s’en émeut et qui les relaie publiquement.

« Ce sont des mots qui se disent dans les quartiers, surtout dans les quartiers où l’on a connu des insurrections. Il y en a même qui se déplacent de maison à maison pour aller chercher des recrues, de jeunes de recrues, pour les amener, dit-on, au Rwanda, pour s’entraîner militairement et revenir. C’est ça qu’ils disent », rapporte le porte-parole du CNDD-FDD, Gélase-Daniel Ndabirabe.

Le Rwanda semble avoir un rôle trouble aux yeux de nombreux responsables burundais : son président Paul Kagame a pris clairement position contre le 3e mandat de son ancien allié Pierre Nkurunziza, des dizaines de milliers de paysans Burundais ont fuit ce pays depuis que le président Nkurunziza a déclaré sa nouvelle candidature, tandis que des centaines d’habitants de la capitale Bujumbura s’exilent chaque jour au Rwanda. D’où ces rumeurs.

« Tout ce qui touche la sécurité du pays, que ce soit une rumeur ou pas, le parti CNDD-FDD prend ça au sérieux. Il demande donc au gouvernement burundais d’aller vérifier si effectivement ces rumeurs sont fondées ou pas », déclare le porte-parole du parti au pouvoir au Burundi.

L’armée, puis la police du Burundi, se sont empressées hier de calmer le jeu en assurant qu’il n’y avait pas le signe d’une guerre imminente dans ce pays, mais qu’elles se tiennent prêtes au cas où. Le Rwanda lui n’a pas encore réagi, un pays qui s’est dit inquiet depuis plusieurs mois des entraînements miliaires que suivraient les Imbonerakure, la jeunesse du parti au pouvoir au Burundi, et les risques de génocide dans ce pays, pas moins.

La peur de revivre les épisodes de guerre civile est une des raisons qui animent les départs du pays, analyse Céline Schmitt, en charge du dossier pour le Haut commissariat aux réfugiés. « Certaines personnes nous disent qu'elles ont été intimidées directement parce qu'elles ne soutenaient pas tel parti. D'autres nous disent qu'elles fuient parce qu'elles ont vu ce qui s'est passé en 1993, parce qu'elles ont vu ce qui s'est passé en 1972. Elles ont peur que la même situation se répète et elles préfèrent fuir et mettre leur famille, leurs enfants en sécurité. »

A l'heure actuelle, le HCR a enregistré plus de 35 000 réfugiés burundais au Rwanda, mais la majorité se trouvent en Tanzanie, où ils seraient plus de 50 000.

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