Accéder au contenu principal
Afrique du Sud

Marikana: la commission d’enquête charge la police sud-africaine

Trois ans après le drame de Marikana, aucun membre de la police n’a été jugé ni sanctionné, d’où l’importance de la présentation du rapport.
Trois ans après le drame de Marikana, aucun membre de la police n’a été jugé ni sanctionné, d’où l’importance de la présentation du rapport. REUTERS/Siphiwe Sibeko
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Une enquête criminelle sera mise sur pied pour déterminer la responsabilité de la police sud-africaine dans le massacre lors de la grève des mineurs de Marikana. La police avait tiré à balles réelles sur des mineurs grévistes le 16 août 2012, la scène s’était déroulée en présence de journalistes, les images, particulièrement choquantes, avaient fait le tour du monde. Trente-quatre mineurs avaient été tués, certains, en train de fuir, avaient été touchés par balle dans le dos. Le président Jacob Zuma a présenté à la télévision jeudi soir 25 juin les grandes lignes d’un rapport de l’enquête commanditée au lendemain du drame il y a trois ans. La société britannique Lonmin qui exploite la mine, n’est pas épargnée, mais le vice-président du pays, Cyril Ramaphosa, n’est pas inquiété.

Publicité

Trois ans après le drame de Marikana, aucun membre de la police n’a été jugé ni sanctionné, d’où l’importance de la présentation du rapport par le président sud-africain jeudi soir 25 juin. « Marikana a été une horrible tragédie qui n’a pas sa place dans une démocratie », a déclaré Jacob Zuma.

La commission d’enquête, présidée par le juge Ian Farlam, charge la police sud-africaine : « L’opération du 16 août n’aurait jamais dû avoir lieu car son plan d’action était défectueux ». La police fera l’objet d’une enquête criminelle. Le président sud-africain a d'ailleurs particulièrement pointé l'action des forces de l'ordre : « La commission a également conclu que l'opération de police aurait dû être arrêtée dés les premiers tirs sur le lieu numéro 1. Et qu'il y a eu un manque total de contrôle et de commandement de la police sur le lieu numéro 2 ».

Rétention d'informations

La commission épingle aussi la direction de la police pour rétention d’informations durant l’enquête. Le rapport n’épargne pas Lonmin, la firme britannique qui exploite la mine : « Elle n’aurait pas dû encourager les non grévistes de se rendre au travail car elle n’était pas en mesure de garantir leur sécurité durant la grève ».

En revanche les ministres Nathi Mthethwa et Susan Shabangu sont exonérés au motif que l’exécutif n’avait pas donné l’ordre d’un assaut. La commission exonère aussi Cyril Ramaphosa, l'actuel vice-président sud-africain était membre du conseil d'administration de Lonmin au moment du massacre; le parti de Julius Malema et le syndicat AMCU seront déçus sur ce point, le parti d’opposition Alliance démocratique a déploré de son côté l’absence de mécanismes d’indemnités pour les familles des victimes.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.