Burundi

Burundi: 6 morts dans des combats avec la police

Les combats entre la police et un «groupe armé» à Mutakura ont fait au moins sept morts (six civils et un policier).
Les combats entre la police et un «groupe armé» à Mutakura ont fait au moins sept morts (six civils et un policier). RFI/SR
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Quelques jours après des élections contestées, le Burundi a fêté son indépendance ce mercredi 1er juillet, tandis qu'au même moment, à Bujumbura, la police menait des opérations dans le quartier périphérique de Mutakura, sur la commune de Cibitoke, fief de la contestation. Les forces de l'ordre affirment avoir neutralisé un «groupe armé».

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La police dit avoir découvert une cache d’armes et tué cinq assaillants, au sein d'un groupe qui aurait mené une attaque contre la police dans la matinée. Il y a eu des jets de grenades, des policiers ont poursuivi les auteurs et de source sécuritaire, l’un d’eux a reçu une rafale de tirs mortelle.

C’est à partir de là que la police a bouclé le quartier et que les journalistes se sont vus refuser l’accès. Un refus accompagné de menaces à l’encontre de certains confrères.

De 7h du matin jusqu’en fin d’après-midi, les tirs étaient plus ou moins nourris. De source sécuritaire encore, le fameux groupe armé proche de l’opposition aurait reçu des armes, kalachnikovs, grenades et même lance-roquettes d’un réseau de militaires et policiers hostiles au président Nkurunziza.

En fin d’après-midi, les policiers ont commencé à se retirer et les habitants – cloitrés depuis le matin – ont enfin pu sortir de chez eux et ont découvert non pas cinq, mais six corps.

« C’est un groom, je le connais », disait une jeune femme sous le choc. Plus loin, une boutique pillée, des bouteilles de bière au sol. Plus loin encore, deux maisons qui ont visiblement brûlées à cause de tirs à l’arme lourde venus de l’extérieur. A l’intérieur, un père d’une soixantaine d’années, Mao, plutôt connu pour ces positions pacifistes tués d’une balle dans la tête ainsi que deux de ces fils âgés de moins de 20 ans. Ils gisaient toujours hier soir dans une mare de sang séché dans la cour de la propriété. Tous morts d’une balle dans la tête. « On les connait tous très bien, ils n’ont rien à voir avec la politique », murmuraient les habitants médusés.

Des voisins assurent qu’ils sortaient les bras en l’air lorsqu’ils ont été abattus par la police, ce qu’elle nie. En sortant de la propriété, on tombe sur un homme dans la force de l’âge tué lui aussi d’une balle dans la tête et à une cinquantaine de mètres, une autre victime tuée d’une balle dans le ventre. Enfin, une sixième personne que la police n’a sans doute pas décompté, a succombé à ses blessures plus loin. Mercredi soir, les langues commençaient à se délier, les gens parlent d’un groupe armé mais qui est parvenu à se replier sans casse.

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