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Kenya / Rwanda

Kenya: un ancien enquêteur du TPIR disparu depuis deux semaines

Logo du Tribunal pénal international pour le Rwanda, TPIR.
Logo du Tribunal pénal international pour le Rwanda, TPIR. Wikimedia
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Au Kenya, le 23 juin dernier, un ancien enquêteur pour la défense du Tribunal pénal international pour le Rwanda a mystérieusement disparu alors à Nairobi. Selon ses proches et des témoins, Chrysostome Ntirugiribambe aurait été enlevé par trois personnes non identifiées qui se sont fait passer pour des policiers.

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Deux semaines après sa disparition, faute de soutien, un de ses cinq enfants révèle cette affaire dans la presse. Chrysostome Ntirugiribambe, ancien enquêteur du TPIR aurait été enlevé près de chez lui, comme le raconte sa fille Chrystella : « Le témoin qui a vu mon père raconte qu’il venait de se garer près d’une épicerie. Puis une voiture noire a surgi et s’est garée quelques mètres plus loin. Trois personnes sont sorties de la voiture et se sont rapprochées de mon père. Ils l’ont arraché de force. Les gens qui étaient tout autour étaient ébahis, ils criaient ».

Les hommes qui enlèvent son père se font alors passer pour des policiers : « Ces personnes prétendaient être des policiers. Mais lorsque les témoins leur ont demandé de montrer leurs cartes, ils n’ont pas été en mesure de le prouver. Ils ont ensuite sorti des pistolets et tiré en l’air pour disperser la foule. Ensuite, les gens se sont éparpillés, ils ont pris mon père et l’ont jeté dans leur voiture. Les témoins ont averti la police qui est arrivée deux heures plus tard sur les lieux », rapporte la fille de l'ancien enquêteur du TPIR.

Après deux semaines sans aucune nouvelle, la famille et les proches de l'enquêteur ont choisi de révéler l'affaire, explique Me Fabien Segatwa. Il a travaillé pendant douze ans au côté Chrysostome Ntirugiribambe. « Dans un premier temps on a voulu se faire discret parce qu’on se disait que si on ébruitait l’affaire, ça pouvait être plus grave, confie-t-il. On croyait que la police kényane était sur une piste parce qu’on avait pu prendre la plaque minéralogique du véhicule et quand on a vu qu’il n’y avait rien qui se faisait, on s’est résolu à porter l’affaire à la connaissance de l’opinion. »

L'ombre de l'affaire Emilie Gafirita

Un mode opératoire qui rappelle à la famille de l'enquêteur l'enlèvement d'Emile Gafirita, en novembre dernier. Témoin du juge Trevidic dans l'affaire de l'attentat contre l'avion du président Habyarimana, Emile Gafirita était également en contact avec Chrysostome Ntirugiribambe, explique la fille de ce dernier : « A ma connaissance, mon père a travaillé avec lui et il pourrait donc avoir un lien avec cette affaire, rappelle toujours sa filleChrystella. Emile a également disparu d'une façon très étrange. Pour le moment, il n'a jamais été retrouvé. Il a disparu de la même façon que mon père. Donc son enlèvement pourrait être lié avec l'enlèvement d'Emile Gafirita. La plupart d'entre nous allons dans le sens de cette théorie. » De son côté, la police kényane dit avoir ouvert une enquête sur cet enlèvement.

Chrytella dénonce ce type de disparitions et appelle à une mobilisation des organisations internationales : « Les organisations internationales de la société civile devraient se mobiliser pour le retrouver. On pourrait répondre à certaines zones d'ombres. Il n'est pas le seul à avoir disparu dans des conditions aussi mystérieuses, insiste-t-elle. C'est déjà arrivé au mois de mai : des personnes ont été enlevées. Donc si des organisations telles qu'Amnesty International ou encore la FIDH pouvaient s'organiser pour s'occuper de tels cas, cela éviterait que d'autres personnes disparaissent dans de telles conditions. Cela permettrait peut-être de le retrouver et comprendre ce qui lui est arrivé. »

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