Burkina Faso

Burkina Faso: la crise au sommet de l'Etat inquiète la classe politique

Le conflit qui oppose le Premier ministre Isaac Zida au Régiment de sécurité présidentielle ne cesse de connaître des développements ces dernières semaines.
Le conflit qui oppose le Premier ministre Isaac Zida au Régiment de sécurité présidentielle ne cesse de connaître des développements ces dernières semaines. AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le discours prononcé par le président de la transition Michel Kafando à propos du conflit qui oppose le Premier ministre au Régiment de sécurité présidentielle, continue de susciter de vives inquiétudes au sein des représentants des partis bukinabè. Le Cadre de concertation des sages, mis en place par le gouvernement, devrait néanmoins rendre ses premières conclusions au cours de la semaine à venir.

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Le discours du président Kafando n'a pas rassuré la classe politique. Pour le secrétaire général national de l'Union pour le progrès et le changement (UPC), Sosso Adama, il ne faut pas laisser cette crise dégénérer à seulement trois mois des élections : « Nous osons quand même croire que le Cadre de concertation va pouvoir trouver des solutions sans que le président ne soit obligé de prendre des décisions qui vont exclure un groupe ou pas. Quoi qu’il en soit, il faut régler au plus vite cette question. Tout le monde est angoissé. On a beaucoup d’incertitudes. Nous sommes à trois mois des élections et nous devrions les aborder dans la paix, l’entente et la cohésion. Ce son d’abord des militaires, donc des gens qui sont armés. C’est dangereux parce qu’aujourd’hui personne ne sait comment sera le dénouement. »

Pour Marcel Tankoano, président du Mouvement de la société civile, M21, la crise est beaucoup plus large et le chef de l'Etat ne doit pas prendre de décision à la légère si près des élections d'octobre.

« Pourquoi à trois mois d’une élection, le Burkina devrait-il basculer dans une violence ou dans un chaos ? C’est vrai que toute transition a ses difficultés. Mais pour le Burkina Faso, il nous reste trois mois. Est-ce qu’il faut encore retomber dans l’erreur ? Le président Michel Kafando doit écouter tout le monde et doit privilégier le dialogue. Est-ce qu’on pourra tenir des élections à bonne date ? Beaucoup pensent que c’est le RSP [le Régiment de sécurité présidentielle, ndlr] qui pose problème. Le militaire reste le militaire et aujourd’hui ils détiennent un matériel important [qui peut] inquiéter le peuple. »

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