Kenya / Somalie

Kenya: les défaillances sécuritaires dénoncées avant la visite d’Obama

Un policier sécurise la ville de Mombasa, le 17 novembre 2014.
Un policier sécurise la ville de Mombasa, le 17 novembre 2014. AFP PHOTO/IVAN LIEMAN

Au Kenya, l’attaque d’un commando shebab à l’université de Garissa dans le Nord, en avril 2015, et la prise d’otage du centre commercial de Westgate, en 2013, ont souligné la vulnérabilité des villes et surtout la réponse inadéquate des forces de sécurité. Le président kényan a clairement indiqué qu’il ne souhaitait pas esquiver le dossier de la lutte contre les extrémistes lors de la visite du président Obama.

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Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a promis, lors de sa visite à Nairobi en mai dernier, 100 millions de dollars pour aider le Kenya à mieux contrer la menace terroriste. Les forces spéciales reçoivent chaque année une formation intense de six semaines aux Etats-Unis, comme l’explique Mwenda Mbijiwe, ancien officier de l’armée kényane devenu consultant sécurité : « Les forces spéciales ont énormément bénéficié du soutien américain. A part les salaires, les Etats-Unis assument presque tout. Les uniformes, la formation, tout est américain. »

Selon Mbijiwe, les autres corps de l’appareil sécuritaires sont moins efficaces, leur coordination est défaillante et ils sont peu réactifs : « Notre temps de réponse, après une attaque terroriste, c’est zéro sur dix. A Garissa, nous sommes intervenus neuf heures après le début de l’attaque, c’est désastreux et cela a alourdi le bilan humain. »

Ahmed Abdekadir Ore est député du parti d’opposition ODM. Originaire du Nord, il est membre de la commission sécurité au Parlement. Selon lui, le Kenya déploie trop de soldats en Somalie au sein de la force Amisom, et les Kényans à la frontière en paient le prix : « Les Kényans, le long de la frontière, n’ont pas la paix. Il y a des incidents toutes les semaines, les populations locales en souffrent et nos soldats aussi. Alors que la priorité numéro un, c’est de protéger les citoyens. »

Autre maillon faible : les services de renseignements ne sont pas à la hauteur, de l’aveu même du gouvernement kényan.

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