Burundi

Burundi: Pierre-Claver Mbonimpa est parti se faire soigner en Belgique

Le président de l'Aprodh, Pierre-Claver Mbonimpa, a été victime d'une tentative d'assassinat le 3 août dernier.
Le président de l'Aprodh, Pierre-Claver Mbonimpa, a été victime d'une tentative d'assassinat le 3 août dernier. AFP PHOTO / CARL DE SOUZA

Pierre Claver Mbonimpa a quitté le Burundi. Son avion a décollé de Bujumbura dimanche à 19h30. Il est arrivé à Bruxelles dans la nuit. Figure de la société civile burundaise, Pierre-Claver Mbonimpa a été la cible d'une tentative d'assassinat la semaine dernière. Touché par deux balles au visage et au cou, il a été gravement blessé.

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Figure de la société civile burundaise et président de l’Association pour la protection des prisonniers et des droits humains (Aprodh), Pierre-Claver Mbonimpa a été victime d'une attaque le 3 août dernier. Alors qu’il arrivait dans le quartier de Kinama, un motard s’est approché de sa voiture et a tiré plusieurs balles. Sous le coup d’une interdiction de voyager depuis son arrestation l’an dernier pour atteinte à la sûreté de l’Etat, les autorités burundaises l’ont finalement autorisé à partir se faire soigner à l'étranger ce dimanche.

Autour de lui, au Burundi, tout le monde craignait pour sa sécurité. Pour Jérémie Minani, le porte-parole du Mouvement Arusha, plateforme qui regroupe opposition et société civile contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza, ce départ est donc un soulagement. « Depuis sa tentative d’assassinat, nous avons crié que sa sécurité était menacée, qu’il y avait un risque qu’il soit achevé sur son lit d’hôpital par ceux-là mêmes qui avaient voulu l’assassiner, rappelle-t-il. Nous voulons aussi que les circonstances de cette tentative d’assassinat soient élucidées. Nous voulons connaître la vérité. Mais en tout cas, une chose est sûre, son transfert vers la Belgique est une bonne chose et en tout cas un soulagement non seulement pour le mouvement de la contestation de la candidature du président, mais aussi pour tout le peuple burundais pour lequel il s’est battu. (…) Compte tenu de la pression, le gouvernement n’avait d’autre choix que de laisser Pierre-Claver Mbonimpa. (…) Nous restons persuadés que le gouvernement était mouillé de près ou de loin dans cette tentative d’assassinat. »

L'enquête au point mort

Gervais Abayeho, le porte-parole de la présidence burundaise, indique que l’enquête sur cette attaque ne connaît pas d'avancée. « Des enquêtes ont été entamées pour savoir qui était derrière la tentative d’assassinat de Pierre-Claver Mbonimpa, explique-t-il. Il faut que les enquêtes se poursuivent et qu’on nous dise (…) qui sont les commanditaires ou les auteurs de cette tentative d’assassinat. »

Quant au départ du militant de la société civile vers la Belgique,« c’est une très bonne chose, précise Gervais Abayeho, comme ça il pourra bénéficier des soins qui pourront lui permettre de retrouver ses moyens physiques le plus rapidement possible. Nous on ne fait que se réjouir de cette démarche. »

Soulagement

La fille du défenseur des droits de l’homme, Amandine Mbonimpa, a assisté à son départ à l'aéroport. Elle est rassurée de voir son père partir se faire soigner à Bruxelles.

Son état de santé était stable, il est parti en chaise roulante, il n’arrivait pas à se lever, il avait une faiblesse mais ça va aller là où il va.

Amandine Mbonimpa

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