Somalie

Somalie : la volte-face de l’Amisom sur le meurtre de sept civils

Des soldats de l'Amisom patrouillent devant une mosquée de Mogadiscio, la capitale somalienne.
Des soldats de l'Amisom patrouillent devant une mosquée de Mogadiscio, la capitale somalienne. REUTERS/Ismail Taxta

La force de l’Union africaine en Somalie (Amisom) a présenté ses excuses, vendredi 21 août, après avoir nié en bloc son implication dans la mort de sept civils assassinés en juillet, lors d’un mariage à Merka, dans le sud de la Somalie. L’Amisom a fini par admettre une bavure.

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« Je voudrais, au nom de l'Union africaine, demander sincèrement pardon pour ces morts ». C'est le patron de l'Amisom lui-même qui a présenté ses excuses. Maman Sidikou a reconnu finalement l'implication de ses hommes dans l'assassinat de sept civils le 21 juillet dernier à Marka.

Le jour même, des témoins avaient immédiatement accusé l'Amisom de meurtre sur les réseaux sociaux, précisant que les victimes étaient en pleine célébration de mariage. La force de l'Union africaine avait, quant à elle, nié catégoriquement.

Quelques jours après l’attaque, selon la première version de l'Amisom, ses soldats s'affairaient autour d'un véhicule, tout juste détruit par un engin explosif, quand ils avaient entendu des coups de feu, puis découvert le corps de sept personnes, probablement tuées par des terroristes shebabs.

Cette version a été contredite par Human right watch (HRW). Pour l'ONG, des soldats ougandais de la force africaine avaient bien tué, de sang-froid, six hommes d'une même famille durant des noces.

Commission d'enquête

Il y a 15 jours, sous la pression, l'Amisom avait commencé à faire marche arrière et annoncé le rappel du commandant d'unité pour interrogatoire, avant donc, finalement, de faire son mea culpa ce vendredi. Maman Sidikou n'a donné aucune précision sur les circonstances de ces assassinats. Il a cependant annoncé l'inculpation de trois soldats qui seront traduits devant la justice militaire, une fois que la commission d'enquête - qui vient d'être ouverte - aura rendu ses conclusions.

Cette commission est composée de civils et militaires extérieurs à la force africaine pour garantir l'impartialité de ce panel, « qui travaillera en toute transparence » a précisé Maman Sidikou. Un souci de transparence qui parait tardif.

Mais garder la confiance des Somaliens est crucial pour l'Amisom, comme le reconnait son porte-parole, le lieutenant colonel Njuguna. « Une part importante des succès remportés face aux shebabs ont été rendus possibles grâce à l'aide des civils. La population nous fournit beaucoup d'informations. Nous avons jusqu'ici de très bonnes relations : c'est pourquoi tout comportement inapproprié de l'Amisom vis à vis des populations ne peut être toléré », soutient-il.

Le porte-parole de l'Amisom se veut catégorique :« Si cela arrive, nous devons évidemment prendre les mesures nécessaires pour nous assurer que les Somaliens savent que nous accordons une grande valeur à leur vie, à nos relations et que nous ne permettront pas qu'elles se détériorent à cause de problèmes qu'on peut résoudre. »

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