RDC / CPI

RDC: à Bunia, les réactions à la diffusion du procès Ntaganda

Bosco Ntaganda, lors d'une cérémonie d'intégration de combattants rebelles au sein des forces armées congolaises, en janvier 2009 dans le Nord Kivu.
Bosco Ntaganda, lors d'une cérémonie d'intégration de combattants rebelles au sein des forces armées congolaises, en janvier 2009 dans le Nord Kivu. AFP PHOTO/Walter ASTRADA

Pendant que le procès de Bosco Ntaganda se déroule à La Haye, les équipes de sensibilisation de la CPI travaillent sur le terrain en Ituri auprès des communautés à favoriser la réconciliation. Jeudi et vendredi, elles ont organisé une rediffusion des moments forts des deux premiers jours d'audience devant des personnalités locales représentants d'ONG, notables, chefs de quartiers. Deux jours marqués notamment par le réquisitoire musclé du procureur contre l'ancien chef de guerre congolais et par l'intervention le lendemain de Bosco Ntaganda lui-même pour rejeter toutes les charges portées contre lui. Une intervention qui n'a laissé personne indifférent à Bunia.

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A l'issu de la projection vendredi. Un lourd silence s'est abattu dans la salle. Voir et entendre Bosco Ntaganda clamer son innocence sur grand écran a provoqué l'indignation de certains.

Anicet est chef de quartier à Bunia. En 2002, il avait fui par peur des violences. « Lorsqu’il a dit qu’il y avait la sécurité, la paix, ici à Bunia, c’est faux, archi-faux, j’y étais. Toute la salle était excédée par ce qu’il a dit. »

Yvette était également sans la salle. Elle a perdu deux frères dans le conflit. « Ça nous a choqués quand il a dit que ce n’était pas juste. Il s’agit de crimes contre l’humanité, il est coupable. » Coupable ? Peut-être. Mais certainement pas le seul, estime ce notable de Bunia. « Il est vrai que des criminels sont absents. C’est comme si la cour était en train d’arrêter seulement les faibles. Non, il y avait plusieurs groupes armés en Ituri, il fallait arrêter tout le monde. »

Quoi qu'il en soit, pour ce responsable d'une ONG locale voir Bosco Ntaganda enfin devant les juges est déjà une victoire. Certains osaient à peine y croire. « Ça nous fait de la joie, ça nous soulage. Et tout ce que l’Ituri attend, c’est un procès équitable. Qu’il y ait réparations, que ça soit individuelles ou collectives, c’est tout ce que l’Ituri attend. »

Une attente dont beaucoup savent que, compte tenu de l'ampleur du dossier, elle pourrait durer encore de longues années.

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