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Afrique du Sud

Afrique du Sud: des milliers de manifestants contre la corruption

Des membres du mouvement Combattants pour la liberté économique ont manifesté à Pretoria, le 30 septembre 2015.
Des membres du mouvement Combattants pour la liberté économique ont manifesté à Pretoria, le 30 septembre 2015. REUTERS/Siphiwe Sibeko
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à travers le pays mercredi 30 septembre pour dénoncer la corruption. D'après l'index de corruption de l'organisation Transparency International, l'Afrique du Sud est classée 67 sur 175 pays. A l'appel de la société civile, des manifestations ont eu lieu dans les villes du Cape, de Durban et de Pretoria.

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A Pretoria, environ 5 000 manifestants ont marché vers le palais présidentiel pour y remettre un mémorandum. Dans le cortège : des syndicats, des organisations de la société civile, des mouvements religieux et tout simplement des particuliers inquiets de l'évolution de leur pays.

Pour Justine, après vingt ans de démocratie, il y a encore trop d'inégalités car l'argent public n'atterrit pas dans les bonnes poches : « Je suis blanche, je viens de la classe moyenne, je suis avocate et je suis consciente d'être très privilégiée. Donc je ne souffre pas de la corruption parce que j'évite tout ce qui est service public. J'ai une assurance privée, je vais dans un hôpital privé, mes enfants sont dans une école privée. Tous ces secteurs ne fonctionnent plus aujourd'hui et les pauvres, eux, n'ont pas le choix. »

Il y a deux ans, une étude universitaire estimait qu'environ 5 % des dépenses de l'Etat se perdaient au profit de la corruption. Pour Alan, prêtre anglican à Rustenburg, une région minière à l'ouest de Johannesburg, la corruption touche surtout les plus pauvres : « Une de mes paroissiennes a passé son permis de conduire. Elle l'a raté. Et pour l'avoir la deuxième fois, elle a dû apporter 150 euros pour graisser la patte de plusieurs personnes. C'est beaucoup d'argent. Les gens sont en colère, frustrés, mais font avec parce que c'est la seule façon pour eux d'obtenir quelque chose. »

Les syndicats prêts à la relève

La mobilisation fut donc un peu en deçà des attentes. Mais selon David Lewis, organisateur de la marche et président de Corruption Watch, une petite vague peut rapidement se transformer en raz-de-marée : « Ils ont intérêt à nous écouter de là où ils sont, parce qu’une petite vague peut devenir un tsunami. Et ils feraient bien de regarder leurs amis au Brésil, en Malaisie, ou même le président du Guatemala qui est maintenant en prison. »

La faible participation s’explique par l’absence du principal syndicat opposé au gouvernement Numsa et qui n’avait pas obtenu l’autorisation de défiler.

Mais Zwelinzima Vavi, l'ex-secrétaire général de la puissante centrale syndicale Cosatu, a mis en garde : cette manifestation n’est que le début. « Le gouvernement dit que nous nous y attaquons (à la corruption, NDLR), nous avons arrêté 177 fonctionnaires corrompus. Mais pas un seul ministre, pas un seul ministre adjoint n’a été arrêté. Nous voulons des réponses sérieuses. C’est le seul langage que nous voulons entendre quand nous reviendrons ici le 14 octobre. »

La manifestation se voulait apolitique : pas de banderole contre le gouvernement ou contre le chef de l'Etat. Et pourtant, sur toutes les lèvres, un nom : celui du président Jacob Zuma, empêtré depuis des mois dans le scandale d'utilisation d'argent public pour rénover sa résidence privée, Nkandla. Les syndicats, qui ont prévu de manifester à leur tour dans quinze jours puis à nouveau en novembre, auront pour objectif d’accentuer la pression sur le gouvernement ANC et notamment sur le président Jacob Zuma à six mois des élections locales.

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