Madagascar

Lynchage à Madagascar: quatre hommes condamnés à perpétuité

Un des accusés, jugés pour le lynchage de trois personnes à Madagascar en octobre 2013, arrive au tribunal.
Un des accusés, jugés pour le lynchage de trois personnes à Madagascar en octobre 2013, arrive au tribunal. AFP PHOTO/RIJASOLO

Trente-sept accusés comparaissaient ce vendredi à Madagascar pour le lynchage d'un touriste français, d'un résident franco-italien et d'un Malgache en octobre 2013 sur l'île touristique de Nosy Be. Quatre hommes ont été condamnés aux travaux forcés à perpétuité, sept à des peines plus légères, vingt-cinq ont été libérés « au bénéfice du doute » et un autre a été formellement acquitté.

Publicité

Sur les trente-sept personnes inculpées dans ce procès, quatre ont donc été reconnues coupables de « séquestration » et « assassinat avec torture ». Ils sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité, la peine maximale. L’homme qui avait mené l’interrogatoire précédant les meurtres écope de dix ans de travaux forcés. Celui qui a prêté sa charrette pour transporter Roberto Gianfalla de sa cabane jusqu’au lieu du lynchage est condamné, lui, à sept ans de prison ferme pour « complicité de meurtre ».

Viennent ensuite des peines moins lourdes pour les dégradations et l’attaque de la gendarmerie. En tout 28 personnes ont été libérées « au bénéfice du doute ». Difficile, en effet, de prouver la culpabilité d’individus en particulier au sein d’une foule déchaînée. Les avocats des accusés ont plaidé en ce sens, estimant qu’il manque des preuves tangibles.

Me André Randranto, l’avocat des familles des victimes, souligne que sur les vidéos des lynchages on peut identifier des centaines de personnes. Il aurait souhaité que le procès se tienne à Nosy Be pour pouvoir convoquer plus de suspects. De plus, le fond de l’affaire - c’est-à-dire le meurtre de l’enfant et les mobiles qui ont poussé la foule à s’en prendre aux deux Français -, n’a pas été abordé. Deux ans après les faits, il reste donc plusieurs zones d’ombre dans cette affaire.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail