Madagascar

Le procès de Nosy Be intéresse peu à Madagascar

Les accusés arrivent jeudi 8 octobre à l'audience au tribunal d'Antananarivo pour l'avant-dernier jour du procès du lynchage de Nosy Be.
Les accusés arrivent jeudi 8 octobre à l'audience au tribunal d'Antananarivo pour l'avant-dernier jour du procès du lynchage de Nosy Be. AFP/Rijasolo

C'est la 5ème et dernière journée du procès de Nosy Be à Madagascar. Les plaidoiries des avocats devraient se terminer dans la matinée et le verdict est attendu dans l’après-midi. Comme lors de l’ouverture du procès, la salle d’audience était pleine hier alors que l’on espérait déjà le verdict. Mais le public et la presse malgaches ne semblent pas s’intéresser à l’affaire.

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Cette semaine, les bancs étaient plus clairsemés dans le prétoire. Si le triple lynchage de Nosy Be fait grand bruit en France et à l’international, à Anatanarivo, le procès se déroule dans un climat d'indifférence. Seule la presse internationale a suivi le procès de bout en bout.

C'est que dans le pays en crise, les cas de justice populaire sont devenus relativement fréquents et la presse n’en fait plus ses Unes. « Ce n’est pas trop l’acte en lui-même qui pourrait intéresser les journalistes, mais peut-être le fait que ce soit une grande première qu’un cas de lynchage arrive à un tel niveau de procès », explique ce journaliste qui a tout de même fait le déplacement pour le procès en cours.

Pas de confiance en la justice

Mais si les journalistes locaux ne sont pas présents c’est aussi parce que la communication est verrouillée selon maître Christian Raoelina, qui défend deux accusés dans l’affaire. « Les journaux n’ont pas accès aux dossiers parce que c’est une île à vocation touristique, aussi on ne voulait ébruiter cette affaire pour ne pas donner une mauvaise image de Madagascar et surtout de Nosy Be », explique l'avocat.

Car malgré ses plages de sable blanc, ses grands hôtels, Nosy Be n’est pas un paradis sur terre pour tout le monde. Les fermetures successives d’usines ont entraîné chômage et pauvreté pour des milliers de personnes. La population est désœuvrée, désabusée par la corruption et l’inaction des autorités. « L’Etat de droit à Madagascar n’est pas vraiment appliqué, poursuit maître Christian Raoelina, c’est cela qui provoque ce manque de confiance et la justice populaire ».

Mais lors de ces lynchages, l’implication d’étrangers, touristes ou résidents, reste exceptionnelle.

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